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CHAPITRE VI

Cette fois I3 fortune n'avait point manqué à l'Empereur; c'était lui qui, attendant trop d'elle , venait de s'en séparer. Inquiet des dispositions d'Alexandre, de celles de la Prusse , de la fermentation du nord de l'Allemagne , et des tentatives de Londres de ce côté , il avait voulu victorieusement et d'un seul coup terminer la guerre. Mais tout contrairement, mutilé par un revers sanglant, dont le retentissement allait ébranler ses alliés et encourager ses adversaires, il lui fallait, au milieu d'un pays ennemi et à trois cents lieues de sa capitale , attendre, pour achever, que son armée fût refaite et ses pertes réparées.

Déjà , avant l'époque d'Eckmûhl et le jour même de cette victoire , deux étincelles de l'incendie préparé dans le Nord lui en avaient dénoncé l'éruption : la révolte de Katt le 3 avril , et le ai celle de Dœrnberg en Westphalie. Toutes deux avaient été étouffées par la prompte détermination du général Michaud, gouverneur deMagdebourg, et du Roi Jérôme Bonaparte, aidé de l'habileté du général d'artillerie Eblé, son ministre delà guerre. Ce général était de l'extérieur le plus noble et le plus séduisant, avantage qui n'avait pu corrompre sa jeunesse; plus tard l'amitié et les faveurs de l'Empereur ne l'avaient pas plus enorgueilli : il était resté accessible et simple dans les grandeurs, pauvre et pur au milieu de tentations fréquentes et d'exemples trop faciles à imiter; nature d'élite, d'une

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