‹ Histoire et mémoiresChapitre 205 sur 266 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

tées aux Hollandais et aux Westphaliens de son frère Jérôme , lui semblent suffire pour vaincre ces agressions, et pour contenir, au sud, au nord, et derièrre lui, l'Allemagne entière.

Quant à la Pologne, il en a confié la défense à Poniatowski. 11 sait que les Autrichiens, victorieux sur la rive gauche de la Vistule, l'ont descendue jusqu'à Thorn excentriquement ; mais que Poniatowski , resté vainqueur sur la rive droite, qu'il remonte vers Cracovie, en a soulevé les habitants; qu'enfin ce Prince aurait coupé la retraite aux ennemis , si les Russes, inquiets de l'insurrection polonaise et infidèles à notre alliance , ne s'étaient pas refusés à le seconder. Cette mauvaise foi n'a point surpris Napoléon, il ne daigne pas s'en plaindre ; il en ajourne la vengeance, et toute son activité se concentre au cœur de ce grand conflit. H s'applique à n'y plus rien laisser à la Fortune et à la ramener à lui par un triple effort : celui de dompter le fleuve ennemi qui vient de le vaincre; de refaire et de rallier toutes ses forces à portée du grand coup qu'il veut frapper, et tout à la fois de les. disposer de façon à tenir désunies celles de son adversaire.

C'est pourquoi, pendant que les généraux Broussier et Marmont nettoyent Gratz et la Styrie des corps autrichiens qui s'obstinent à s'y défendre, il veut qu'Eugène pousse et écarte l'Archiduc Jean et l'armée autrichienne d'Italie jusque sous les murs de Raab. La encore, le i4 juin, il les fait battre et rejeter au delà du Danube par ce Vice-Roi : victoire glorieuse , de trente-six mille combattants contre quarante mille , qu'ils affaiblissent de sept mille tués et prisonniers»

rre livre vingt- quatrième.

Elle eût pu être plus complète si Macdonald , laissé inutile avec huit mille hommes entre Raab et Gratz, eût été appelé à temps pour y concourir ; faute sans doute volontaire du Prince Eugène , mais que Macdonald dut comprendre et Napoléon excuser, Raab ne pouvant effacer Sacile, et la victoire, la défaite , que par une gloire non partagée.

. À la nouvelle de ce succès, l'Empereur ordonne au Vice-Roi de prendre Raab, tandis que Davout doit, à tout prix , s'emparer de Presbourg. Eugène réussit t Davout échoua ; mais ce maréchal suppléa à l'occupation de Presbourg en se retranchant contre cette Ville. La saisie de ces deux passages sur la Raab et le Danube par ces deux chefs avait un dpuble but : d'abord celui de retenir, par leur présence menaçante, l'Archiduc Jean, le plus longtemps et le plus loin possible de l'Archiduc Charles; puis, de lui ôter les moyens de suivre sur la rive droite le Vice-Roi et le maréchal, lorsque l'Empereur les rappellerait à lui pour la bataille décisive qu'il préparait.

Pendant qu'ainsi, dans le sud de Vienne, où Marmont s'arrête, l'ennemi vient d'être anéanti, et qu'à l'est il a été battu , puis chassé et contenu dans la Hongrie par Davout, Eugène et Macdonald, restés à portée de la voix de Napoléon ; dans l'ouest, nos recrues, nos renforts, deWrèdeet les Bavarois, Bernadotte et les Saxons ont été appelés autour de Vienne, ou déjà des forces presque doubles de celles d'Essling se trouvent sous la. main de l'Empereur. En même temps le Danube avait été dompté devant Ebersdorf. Dès le lendemain d'Essling une immense quantité de

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