CHAPITRE Vil
^jrie el de son frère , et repoussé jusque dans Wagram, avec perte de cinq à six mille combattants. Il y. est «encore attaqué. Napoléon , arrêté le soir devant cette seconde position , voulut en percer le centre et la faire tomber comme la première. Mais c'était trop demander à un seul jour. Cettç fois le ruisseau profond -et bourbeux du Russbach protégea l'habile valeur de l'Archiduc Charles.
De notre côté , dans cette dernière attaque , l'ensemble manqua. À notre droite, devant Neusiedel, Davout , qu'un croisement de colonnes , par une méprise de Berthier, a retardé , ne peut seconder l'agression ; au centre , Oudinot, Macdonald et Grenier vers Baumersdorf, et Bernadotte devant Wagram, avaient franchi l'obstacle sans coup férir ; ils allaient vaincre; déjà même Dupas, avec deux régiments français et des Saxons , enfonçait les bataillons carrés de Bellegarde, quand, par une cruelle méprise, les soldats de Grenier, prenant les Saxons de Dupas pour l'ennemi , font feu sur eux ! Ils les mirent dans une déroute qui les entraîna eux-mêmes, et dont les Autrichiens profitèrent aussitôt, ce qui rompit l'accord de toute l'attaque et la fit rétrograder.
La nuit alors était revenue. Ainsi l'armée ennemie, plus faible mais plus ensemble que la nôtre derrière le Russbach , l'avait repoussée. Cet échec , à une heure aussi tardive , était en lui-même de peu d'importance ; mais , en rendant égales les pertes de cette première journée , l'effet en fut de conserver au Prince Charles iin champ de bataille longtemps étudié , et de lui donner le temps d'y être secouru par cinquante mille
hommes de plus, pendant la bataille décisive ajournée au Jendemain.
On passa la nuit à portée de l'ennemi , sur le quivive , les chevaux bridés! L'Empereur était au milieu de sa Garde, derrière Àderklaa. Un manteau déployé lui servit de tente. Il y dormit à peine trois à quatre heures , mais aussi profondément que de coutume. JJ fallut le réveiller le lendemain ! Ce qui n'étonnera point si l'on se rappelle que, dans ces instants critiques, l'Histoire ne nous montre guère de grands hommes sans sommeil et sans appétit; non pas qu'une santé forte soit indispensable à ces grandes actions , mais plutôt parce qu'il y faut des caractères hauts et fermes qui, les dominant, s'y maintiennent calmes ; d'où vient que , s'y trouvant à Taise de corps et d'esprit , ils y conservent leurs habitudes.
L'Empereur en effet , ses ordres donnés , n'avait eu qu'à attendre le jour suivant. Voici de droite à gauche, sur plus de deux lieues de développement, quel fut l'ordre de bataille : à notre droite, Davout à Glizendorf et à Grosshofen, devant Neusiedel ; puis Oudinot; puis au centre, l'armée d'Italie; puis Bernadotteà à Àderklaa ; puis enfin Masséna à l'extrême gauche. La réserve était composée : des corps de Wrede et de Marmont, de la grosse cavalerie, d'une artillerie de plus de cent pièces , et de la Garde. Les mouvements de cette réserve devaient être commandés par les circonstances et par l'arrivée possible , sur nos derrières , de l'Archiduc Jean.
De son côté l'Archiduc Charles surprix , au lieu de se reposer, avait eu à se décider sur son plan de ba-