‹ Histoire et mémoiresChapitre 209 sur 266 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

taille et à y conformer ses dispositions. Il se résolut à nous assaillir d'abord par sa droite, pour séparer Napoléon du Danube et de sa retraite. Son centre et sa gauche devaient attaquer plus tard à l'appui de ce mpuvement. Mais il arriva tout le contraire, les divers corps de son aile droite étant mal placés pour exécuter à temps ses instructions ; en sorte que , à quatre heures du matin, 1 attaque commença par son aile gauche. Ces premiers bruits de guerre attirèrent l'Empereur : il y courut, suivi de quelques escadrons et de deux batteries légères. En arrivant il voit que l'ennemi, ployé sur deux colonnes et descendu des hauteurs de Neusiedel, aborde Davout. Aussitôt lui-même, en faisant canonner et charger en flanc droit par son escorte Tune de ces masses , aide son lieutenant à les repousser. Alors , entendant le feu prendre sur toute la ligne ,, il ordonne à Davout d'attaquer, d'enlever Neusiedel, de tourner ainsi \e Prince Charles , qu'il espère jeter dans le Danube. Oudinot devra suivre à son tour ce mouvement et le soutenir.

Il achevait de donner cet ordre , quand il apprend , d'abord, qu'au centre Bernadotte, qui le lendemain s'attribua le succès de la bataille , cède et recule au loin, en abandonnant Aderklaa sans le disputer; puis, que Masséna a fait prendre et reprendre ce village par deux de ses divisions, et qu'il n'y peut plus tenir; puis enfin , qu'une masse énorme,. Klenau, Kollowrath et cinquante mille Autrichiens , le débordant à gauche, s'avancent dans le vide , entre lui et le Danube , poussant, renversant Boudet et sa faible division. A ces nouvelles successives l'Empereur, monté sur

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l'Euphrate, cheval blanc que lui avait envoyé le Schah de Perse, revient ventre à terre vers sa gauche, au travers d'une grêle de boulets et de mitraille. Ce fut près d'Aderklaa qu'il rejoignit Masséna. Ce Maréchal avait eu la jambe meurtrie par une chute les jours précédents; il était à demi couché dans une calèche; Napoléon vint s'y asseoir près de lui pendant quelques instants. Là, changeant ses instructions, il veut que Masséna ramène son corps d'armée , dix -huit mille hommes environ , en arrière à gauche , contre J agression imprévue de l'aile droite de l'Archiduc ; puis, sur la position que le maréchal abandonne, il appelle Macdonald et trois divisions de l'armée d'Italie pour le remplacer.

Le combat s'acharnait sur ce point central, il durait depuis plus d'une heure , quand Napoléon , voyant le groupe qui l'entourait attirer sur lui les feux, le dispersa. Il ne s'était pas trompé sur ce danger. Le Prince de Liechtenstein lui dit à Znaîm, quelques jours après , que , reconnu par leurs canojiniers , il avait été presque constamment leur point de mire.

En ce moment un aide de camp de Masséna vint lui annoncer que notre extrême gauche fuyait ; que l'ennemi de ce côté gagnait déjà nos derrières; que l'artillerie de Boudet venait même d'être prise : malheur dont Boudet ne put se consoler, et qui depuis abrégea ses jours , tant à ces vieux guerriers de la République et de l'Empire l'honneur des armes était cher!

Quant à Napoléon , des témoins disent encore aujourd'hui leur étonnement lorsque, à la nouvelle

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