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CHAPITRE VIII

et le Danube jusqu'à Raab, ainsi que le versant méridional des Alpes Noriques, et Gratz et Léoben, retombés aux mains de l'ennemi le jour même de la bataille. Il lui permit de contenir par des négociations le Tyrol, en ce moment victorieux des Bavarois et du maréchal Lefebvre ; il lui donna le temps de refaire , d'accroître son armée , d'en fortifier les positions, et d'épuiser de contributions et de réquisitions les pays conquis; il fit rentrer en Bohême le corps autrichien vainqueur en Saxe, les 9 et 10 juillet, de Junot et de Jérôme ; il déconcerta les velléités hostiles de Berlin et la descente anglaise dont l'avant-garde, ayant pris pied à Cuxhaven le 8 juillet, commençait à soulever le Hanovre. Dès lors le Prince de Brunswick, livré à luimême, avec quatre mille partisans dont l'élan désespéré lui avait rendu sa capitale , l'abandonna : il alla rejoindre, à Héligoland, l'escadre anglaise découragée de son entreprise trop tardive. Ce Prince vida ainsi le Nord; et bientôt l'Allemagne entière fut contenue et pacifiée par Jérôme et Junot , à la tête de trente mille hommes.

U ne faut donc s'étonner ni de l'acceptation d'un armistice , dont notre Empereur sut aussi bien profiter, ni de l'hésitation que mit à le ratifier l'Empereur d'Autriche. Il ne l'accepta que le 18, et plutôt comme un répit favorable au ralliement , au recrutement de ses forces , que comme le préliminaire d'une paix à laquelle il ne se soumit, le i4 octobre, que quatrevingt-huit jours après cette cessation d'hostilités, et cent jours après sa défaite de Wagram. Une seconde victoire à Znaïm eût sans doute tout abrégé;

mais l'armée ennemie avait encore montré là un ensemble redoutable, et notre Empereur, séparé de l'armée d'Italie , des Saxons et dés Bavarois qu'il venait d'opposer à l'Archiduc Jean, avait préféré les négociations.

Quant à la paix, si la Maison d'Autriche hésita deux mois entiers , c'est qu'alors , bien moins complètement vaincue qu'en i8o5, elle avait encore^n Hongrie deux cent mille hommes sous les armes ; c'est que, à ses jeux, la fortune de Napoléon était cette fois aux prises avec une foule de complications. François II voyait la moitié de nos forces engagée dans la Péninsule Ibérieime. H n'ignorait pas : que Soult, un moment victorieux du Portugal jusque dans Oporto, où il s'était follement cru et proclamé Roi, n'ayant qu'une armée faible de vingt mille hommes contre cent mille insurgés et à portée de trente mille Anglais, y avait été surpris, en avait été chassé par Wellington, et qu'il venait d'être forcé de sacrifier blessés, canons et bagages pour s'en échapper, le 12 mai, nu et désarmé; que, aussitôt après, Ney avait été réduit à abandonner la Galice, et à se réunir k lui et à Mortier pour sauver Madrid. En effet Wellington, après avoir reconquis le Portugal une seconde fois, venait de remonter le Tage jusqu'à Ta lavera, où, attaqué sans ensemble et avant l'arrivée de Soult, il avait battu, le 28 juillet, Victor, Sébastiani, et le Roi Joseph.

D'autres espoirs moins lointains soutinrent encore l'Autriche : ils se nourrirent de la résistance du Tyrol, de la dissémination forcée des ressources de la France dans la Germanie septentrionale, des dispositions hostiles de la Prusse , de celles de la Russie elle-même,

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