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CHAPITRE Y

par l'offre, acceptée le Ier février, de la main de son Archiduchesse , elle n'hésite pas à reconnaître, volontairement cette fois, la légitimité de notre Empereur ; à consacrer de son propre sang la notrvelle Dynastie ; à la consolider ainsi aux yeux de toutes les Aristocraties soit française, soit étrangères; et, renonçant à nous disputer tant de conquêtes, elle s'associe à la fortune du grand Empire , dont elle semble enfin proclamer Firrévocabilité, et qu'elle parait croire désormais inébranlable!

On a beaucoup parlé d'un Conseil rassemblé et consulté à Paris, le 21 janvier ^1810, sur le choix d'une Impératrice. Ce Conseil fut en lui-même de peu d'importance. L'Empereur était décidé d'avance. Le fait est, d'ailleurs, qu'il n'eut réellement à choisir qu'entre la Princesse d'Autriche et celle de Saxe; que, dans ce Conseil, l'opinion de Murât, contraire à l'Autriche, lui fut dictée par l'intérêt de sa Royauté, comme celle de Cambacérès par ses souvenirs révolutionnaires. Le vœu de Lebrun et de Garnier en faveur de la Princesse Saxonne eût été peut-être le plus sage, si la modération qui leur dicta ce choix eût pu réagir sur la politique entreprenante de l'Empereur. Enfin l'avis du Prince Eugène ici n'est remarquable que par la généreuse abnégation de sa présence et de la part qu'il se résigna à prendre à ce Conseil.

Quant à la Grande-Duchesse Russe , alors à peine âgée de quinze ans , Caulaincourt, chargé de la demander dès le 22 novembre, deux mois avant ce Conseil, n'avait point encore pu obtenir de réponse définitive , ce qui équivalait à un refus. 11 est même plus

que vraisemblable que, eût-on signé l'abandon de tout rétablissement de la nationalité polonaise , ce qu'Alexandre demandait alors, on n'aurait pu vaincre sa répugnance et celle de sa famille. Ce qu'il faut croire, malgré les espérances données à Erfurt, c'est que, soit mobilité de caractère , chagrin de vaincu, ou mécontentements politiques, depuis longtemps ses bonnes dispositions, s'il en eut jamais à ce sujet, étaient changées. Je tiens du Duc de Vicence lui-même : « Qu'Ace lexandre, dans le cours de cette négociation, Jui « répondit : Que la Grande-Duchesse était trop jeune ; « qu'il ne consentirait à cette union que si Von ^once lait attendre dix-huit mois; qu'alors même il ne « céderait pas sur la religion. Mais, ajouta- t-il , pource quoi votre Empereur n'épouserait-il pas l'Archidu- « chesse Marie-Louise ? C'est à elle qu'il devrait- songer ! « Pour moi, tenez, monsieur le Duc, j'ai peu de « foi à ces liens de famille entre souverains ; je crois « même que souvent ils deviennent une cause de mécc sintelligence , chaque mécontentement intérieur « que donne une femme indisposant contre le pays « dont on l'a reçue. Quant à nos deux Empires, leurs « frontières sont trop séparées pour qu'un mariage « les rapproche plus que ne le pourrait la politique. »

Alexandre déclina donc la demande de Napoléon, sous la forme d'un ajournement. Du côté de notre Empereur une plus longue attente était impossible. Aussi s'écria-t-il alors, <c qu'ajourner, c'était refuser 1 »

Quelqu'irrécusable que doive être le témoignage du Duc de Vicence, j'ajouterai sur ce sujet le récit de quelques Russes. Ils disent que, dès Tibitt, Murât avait

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