CHAPITRE VI
féerie et en acheva l'illusion par la naissance du Roi de Rome!
On sait quel fut, pendant cet enfantement, le danger de l'Impératrice , la fermeté de l'Empereur, et Tordre donné de sacrifier l'enfant à la mère. Mais ce qu'on ne pourra jamais assez bien décrire, c'est l'ivresse de la joie publique , quand le vingt-deuxième coup de canon apprit à la France qu'il venait de naître un héritier direct à Napoléon et à l'Empire !
Ici, pour la dernière fois, .et pour achever de motiver notre confiante admiration pendant ces deux dernières années de notre fortune, disons sommairement quels furent, eni8ioeti8n, quelques-uns des actes de Napoléon dans l'administration intérieure de l'Empire.
Rappelons ces trois cent millions dépensés, non-seulement en France mais dans toutes nos conquêtes , pour de grands travaux d'utilité publique, sans compter tant d'autres dépenses dans ce même but, mises à la charge des communes. Aussi vit-on la plupart de nos villes plus que jamais restaurées, embellies, et pourvues d'hospices. Milan fut mis à cinquante heures de Paris par les travaux, enfin achevés, de nos ingénieurs; les dunes furent raffermies par des soins nouveaux ; un million trois cent quarante mille francs donnés pour la fabrication du sucre de betterave ; un million offert à l'inventeur de la meilleure machine à filer le lin; la culture du coton essayée dans la campagne de Rome; la soude, l'indigo, la cochenille, et d'autres produits étrangers et coloniaux, commencèrent à être remplacés par des produits indigènes; nos laines communes furent perfectionnées par l'introduction des
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béliers d'Espagne ; quatorze lieues du canal de Saint- Quentin livrées au commerce; d'autres canaux entrepris ou continués; tous les monuments de Paris, soit de luxe ou d'utilité pour le peuple, poussés avec une activité nouvelle; un meilleur système d'administration créé pour l'entretien de nos routes; des écoles de marine et une conscription maritime instituées ; le sort de nos vétérans assuré par des emplois civils; celui des prisonniers de guerre adouci par leur organisation en bataillons d'ouvriers soldés et utilisés....
D'autres actes d'une autre nature furent encore dignes de remarque. Les Lyonnais, justement reconnaissants , demandaient à élever une statue à Napoléon; mais, ajoutant à sa gloire ce qu'il retranche aux hommages qu'elle lui attire, il s'y refusa. « Je n'y con- « sentirai, leur dit-il, que lorsque la dernière ruine « de votre noble et courageuse ville aura été relevée , « et quand j'y aurai effacé la dernière trace des face reurs conventionnelles ! »
La Sahlà, jeune Saxon d'une naissance illustre, se dévouant, comme Staubsà Schœnbrùnn , était venu à Paris pour l'assassiner. Pris sur le fait, sa grâce, s'il se repentait , lui avait été offerte , et il s'était obstiné dans sa criminelle exaltation. On Voulait une vengeance, mais Napoléon répondit : « Qu'il serait trop ce regrettable d'immoler un jeune insensé, et de « plonger une famille estimable dans un deuil tou- « jours déshonorant ; qu'il convenait de garder le se- « cret de cet attentat ; que , né de parents honora- « blés , l'âge de ce jeune exalté était son excuse ; qu'on