CHAPITRE VU. 4î
écrasée. Dans cette dépêche l'Empereur accusait de trahison ce maréchal , le gourmandant du temps qu'il avait perdu après ce succès au lieu de passer l'Elbe , et rapprochant cette lenteur de son inqualifiable inaction le jour d'Auerstœdt !
Toutefois , son parti pris , et même avant les succès inouïs qui l'y confirmèrent, la contention de son esprit se détendant, il reprit, au milieu de nous, son calme et sa douceur accoutumés. Une autre remarque prouve aussi que le succès l'enivrait alors moins qu'on ne le pense. S'il fut plus prompt que jamais à nous pousser en avant et à tirer de sa victoire toutes les conséquences imaginables, en même temps, aussi prudent qu'entreprenant , il ne quitta point Wittemherg sans y laisser l'ordre d'en faire, comme d'Erfurt, un point d'appui pour assurer, . ou sa conquête , ou sa retraite. Ces deux places devinrent sur sa ligne d'opérations , dont la base était Mayence , les dépôts de ses grands et petits blessés , des infirmes , des cavaliers démontés , et des vivres et effets de toute nature , imposés au pays conquis.