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CHAPITRE VII

Ce fut, je crois , après Wittemberg que, traversant un bois de sapins , FEmpereur, forcé par un violent orage de s'abriter dans une maison isolée , fut surpris d'y être reconnu par l'habitante de cette chaumière. 11 apprit d'elle que, Saxonne, mais femme en

Egypte d'un officier français, et restée veuve et mère sans avoir pu obtenir une pension du Directoire , elle avait été forcée de quitter la France. Sur quoi, Napoléon attendri lui tendant la main , lui dit : ce Qu'il al- « lait réparer cette injustice en se chargeant de faire a élever son fils. » En signant l'ordre de ce bienfait il ajouta : « Que c'était sa première aventure au milieu « d'un orage et d'une forêt , et qu'il remerciait le sort « qu'elle eût été aussi heureuse ! »

Le a4 octobre je devançai Napoléon dans Postdam , le Versailles de Berlin. Deux fois déjà , dans des missions précédentes , j'étais venu là , comme tant d'autres , contempler lés souvenirs que le Grand Frédéric y a laissés. Cette fois, au lieu d'en approcher avec un respect timide , je pris possession de cette résidence royale et de Sans-Souci , comme de l'une de nos conquêtes. Je connaissais les lieux ; mon premier mouvement m'entraîna dans cette chambre jadis habitée par le grand Roi. J'y retrouvai tout a la même place, sous la garde du même valet de chambre. Là , j'oserai l'avouer, parce que, dans la fantaisie dont je fus saisi, il n'entra aucun sentiment qu'il soit possible d'accuser d'une profanation dont je rougirais encore ; à la vue de ce fauteuil célèbre , témoin de tant de méditations profondes et d'où jaillirent tant de saillies mordantes, tant de jugements redoutés; où, sans s'éblouir de sa gloire, Frédéric avait su consolider ses conquêtes par une habile politique , je ne sus point résister an désir, au moins indiscret , de pouvoir me rappeler, toute ma vie , que j'avais occupé un instant sa place ! J'avouerai donc que j'osai, le front découvert , m'as-

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