CHAPITRE VIII
. On s'en souvient, lors de son avènement en mars 1800 , Pie VII, en quelque sorte d'abord resté sous la main de l'Autriche , venait d'être à peine rendu à Rome, que, cinq jours après Marengo, le Premier Consul lui avait fait entrevoir le rétablissement en France du Catholicisme. En effet on l'avait bientôt vu , renouant la chaîne des traditions, déclarer la Religion Catholique celle de la majorité des Français, conclure avec le Pape le Concordat de 1 801, et en assurer l'exécution par une loi organique, conforme aux Libertés de l'Église Gallicane , aux libertés nouvelles de la France , et aux droits de l'État, tels qu'ils avaient été compris par la monarchie déchue.
Dès lors, à propos de ces articles organiques, et inopportunément peut-être, du côté de Rome un dissentiment s'était élevé entre Pie VII et Napoléon. Cette exigence du Saint-Père, déçue aux temps du Sacre, et plus encore lors de l'extension du Concordat et de sa loi organique au Royaume d'Italie , avait déjà, en i8o5, commencé ce différend. C'est alors que Napoléon , soit nécessité , soit impatience ou ambition , partagea les torts, et bientôt en fit pencher la balance
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de son côté. Ce fut d'abord par la saisie d'Ancône, à l'époque des précautions qu'il crut devoir prendre contre la coalition agressive de i8o5; puis, le 7 janvier 1806, et dans les deux mois suivants , par sa déclaration : « Que toute l'Italie était sous sa loi, et que, « si le Pape était Souverain de Rome, lui en était l'Emir pereurî » déclaration bientôt accompagnée de la prise de possession des Principautés de Bénévent, de Ponte Corvo; et, aussitôt après la défaite de la Prusse, par l'exécution forcée du système continental, au moyen de garnisons françaises jusque dans les ports de l'État Romain!
De là vint la résistance du Saint-Père, son refus de reconnaître l'avènement de Josepb à Naples et les attentats, contre nos soldats , de ses sujets encourages par les incertitudes de notre lutte avec la Russie en 1807, par le soulèvement de l'Espagne en 1808, et par la coalition de l'Autriche et de l'Angleterre en 1809. Cette situation, ainsi devenue de plus en plus aigre et hostile, avait amené la dispersion des Cardinaux, l'envahissement successif des États de l'Église, et de Rome elle-même, sa réunion à l'Empire, l'excommunication lancée contre l'Empereur, et, le 6 juillet 1809, jour de la victoire de Wagram , le brusque enlèvement du Pape, arraché du Vatican, et transféré, sous clef, parla Toscane et Alexandrie, jusque dans Grenoble, d'où Napoléon , surpris de cet acte violent, mais en acceptant la responsabilité, le fit conduire dans Savone.
Cependant l'Empereur, en s'emparant du Domaine de Saint-Pierre , du Pape lui-même, et, bien plus, en projetant de le faire transporter à Saint-Denis avec.