CHAPITRE VIII
sa Cour , ses archives et ses tribunaux , persistait à en reconnaître le Pouvoir Spirituel. Sur ce terrain , l'inflexible résistance de Pie VII lui. faisait tête. La que* relie, en 1810, en était là. Elle s'était envenimée de l'exil du haut clergé romain, de l'incarcération même de plusieurs de ses membres, de celle du Cardinal Pacca, ministre du Pape; enfin, et après le refus de treize Cardinaux Italiens d'assister au mariage de l'Empereur avec l'Archiduchesse Marie-Louise, du sénatusconsulte qui, réunissant les États Romains à l'Empire, assignait Paris au Saint-Père pour sa résidence.
L'excommunication lancée contre l'Empereur et ses adhérents était méconnue par le clergé de l'Empire ; mais le Pontife refusait $ux nouveaux Évêques l'institution canonique, et aux sujets de l'Empereur les dispenses que le Concorda t laissait à sa disposition. Cet état de souffrance de l'Église, qu'augmentaient les scrupules des uns et l'indifférence religieuse des autres, ne pouvait durer. Vainement Napoléon voulut entraîner le clergé français à se déclarer indépendant de la consécration romaine; les Conseils ecclésiastiques, qu'il rassembla, ji'appuyèrent ses efforts près du Saint-Père que de leurs supplications soumises et respectueuses. Toutefois leur députation à Sa von e, abusant de l'isolement entier de Pie VII captif, privé même d'encre, de papier, et surveillé par un officier de gendarmerie, en obtint, à force d'obsessions, la promesse verbale de se dessaisir , par le fait", du droit contesté d'investiture.
Aussitôt , et afin de prendre acte d'une concession aussi importante, l'Empereur ouvrit à Paris un Concile de plus de cent prélats. Mais le début de cette as-
semblée , que Napoléon prétendit diriger et qui s'en choqua, fut une déclaration d'incompétence, un serment de soumission absolue au saint Pontife, des vœux pour qu'il redevint libre, et, de la part de quelques cvéques, la reconnaissance du droit d'excommunication! Deux heures après ces manifestations, interrompues par la levée de la séance, le Concile était dissous, et trois de ses membres arrêtés. Ceux-ci ne rachetèrent ensuite leur liberté que par la démission de leurs sièges.
Pourtant, trois semaines environ plus tard, l'Empereur, soit qu'il eût çté mieux conseillé, soit qu'il eût gagné, en détail, les voix du Concile ainsi mutilé, l'ayant rassemblé de nouveau, en obtint, le 5 août 181 1, la décision, conforme à la concession du Saint- Père : « Que, après six mois d'une vaine attente, on pasce serait outre à l'institution canonique des évêques. » Le Saint-Père alors céda : il sanctionna ce décret, toutefois, sans y comprendre l'Italie et les pays réunis à la France; sans abandonner sa suprématie, et sans reconnaître celle du Concile. Il se refusait d'ailleurs ^ toute concession de sa puissance temporelle sur le Patrimoine de Saint-Pierre. Et l'Empereur, qui dans le succès se bornait peu, trompé dans l'espoir de cette cession, gêné par le concordat de 1801 dont il voulait s'affranchir, et persistant, sans doute , à vouloir l'installation du Pape au sein de la France , annula la négociation.
Depuis ce moment, jusqu'aux premiers mois de 1812, d'autres soins, tels que ceux de la guerre d'Espagne , l'achèvement de la grande institution de l'Université, dont la surveillance fut étendue sur les séminaires, ré-