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CHAPITRE X

D'où vint ce commencement de prodigalité et d'épuisement de notre population guerrière, et notre marche au travers de la Pologne. Mais l'Empereur s'y enfonça sans illusion , sans se laisser prendre, comme Davout, à tous les transports de ces peuples, et sans prétendre à les satisfaire. Quand leurs députés vinrent à Berlin lui demander qu'il proclamât leur indépendance, il s'y refusa ; il allégua les dissensions civiles qui les avaient perdus, et ne répondit à leurs invocations que par des conseils sévères.

Leur soulèvement ne l'entraîna pas davantage : dès longtemps d avait prévu cette effervescence, et bien avant les lettres de Davout. S'il avait fait préparer quarante mille équipements pour cette révolte , ce n'était pas pour l'armée nouvelle de cette nation ressuscitée , ce fut seulement pour en habiller quelques régiments dont il voulait recruter la sienne.

Cependant tous les pays conquis ont été organisés en diverses circonscriptions, sous leurs autorités locales et indigènes dirigées par des administrateurs choisis dans notre Conseil d'Etat. Déjà même notre armée en marche par sa droite sur Varsovie vient , par sa gauche, d'atteindre la Vistule. Alors enfin , le a5 novembre, après vingt-sept journées de séjour, Napoléon quitte Berlin. Il franchit l'Oder à Custrin le même jour, passe à Meseritz le lendemain , et arrive à Posen le 27 novembre. La guerre de Prusse est terminée ; c'est la guerre de Pologne qui commence !

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