CHAPITRE III
Ce colonel, dont je voudrais savoir le nom, fit son devoir. J'étais nu, je ne pouvais plus me soutenir : il me fit couvrir d'un manteau , donner un cTieval , et eut soin de mes pauvres dragons que je lui recommandai; après quoi il nous envoya au comte Ostermann-Tolstoï qui me reconnut.
Le premier accueil de ce général ne me plut guère ; il fut trop impérieux. C'est leur manière quand rien ne les gêne, et vraisemblablement par habitude de maîtres au milieu d'esclaves ; sa position d'ailleurs le préoccupait. Battu la veille et vivement poussé en cet instant, il lui importait de savoir précisément à qui il avait affaire. C'est pourquoi, en me faisant cheminer au pas à côté de lui, il me questionna, et ce fut du ton d'un chef qui exige une réponse. « L'Empereur est-il « là? Avec quels corps? Combien sont-ils? — Mon- « sieur le Comte, lui répondis-je, vous me connaissez^ « vous savez du moins mon nom ; pourquoi donc m'of- «"fenser inutilement par ces questions, quand vous