CHAPITRE IX
Cette négligence, que Napoléon se reprocha si rudement, avait été, quelques heures après, bien cruellement punie sur le lieu même où elle avait été commise. C'était le 7 février à onze heures du soir que, harassé, pénétré par un givre glacial, persuadé que l'ennemi continuait à fuir au delà de cette colline inoccupée, et se croyant d'ailleurs couvert par une des divisions de Soult, il était entré lui-même dans Eylau, au milieu de tout le désordre d'un pillage inévitable. Il s'était abrité dans la maison de poste de cette ville, où, se jetant sur une chaise , il s'était endormi profondément.
Le lendemain matin, vers six heures, il y sommeillait encore, quand le colonel Lagrange, accourant et le