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CHAPITRE IX

été s'en assurer, ne crut pas devoir obéir à l'Empereur.

Le lendemain , 9 février, on s'aperçut en effet que dans l'obscurité Beningsen, s'écoulant silencieusement par sa droite devant les bivouacs de Ney , avait fui vers Kœnigsberg, abandonnant le champ du combat, vingt-quatre canons, et, dans sa retraite de huit lieues, une foule de blessés et de bagages.

Un incident de cette journée montra l'absurde crédulité du soldat russe, tout ce qu'on imaginait pour l'exciter, et l'une des causes de l'acharnement que la veille il avait montré. La retraite de Beningsen avait été si périlleuse , que , au premier pas que fit en avant le maréchal Ney, tout ce qui avait traîné chez l'ennemi tomba aux mains de la cavalerie de notre avant-garde. Colbert la commandait. Les premiers prisonniers furent une compagnie de grenadiers et son capitaine. Conduit devant notre officier général, ce capitaine se jeta à ses genoux; il l'implora, il le supplia , en allemand , « de ne pas laisser nos cavale liers manger ses pauvres soldats, qui venaient de « se rendre sans combattre! * Colbert, surpris d'une crainte aussi extraordinaire, se fit répéter cette invocation à laquelle il ne pouvait croire. Assuré enfin de la réalité d'une si bizarre appréhension , il en rit de bon cœur, et ce ne fut pas sans peine que ses bons traitements la dissipèrent.

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