L'impératrice Zoé, ibidem
les pa ttes et le cou rouges ; la tête est bleu de ciel : l’ensemble rappelle un perroquet.
L impératrice Zoé — Zuûri 01 (sic) EÙcraipaicTTâTTi AuroGcrra —
(fig. 73) est représentée debout; elle a une couronne radiée, des épaulières d’or, un manteau bleu de ciel à manches longues et larges, parsemé de feuillages et de perles, et broché d’or; elle a des perles aux oreilles. De la main droite elle tient un long sceptre rouge et soutient de la gauche l’extrémité en forme de bouclier du lor.on. Avec ses grands yeux, ses sourcils se rapprochant au-dessus du nez, sa bouche très-petite et ses cheveux d’un brun marron, elle peut être considérée comme un modèle de beauté byzantine des X"”c — XI"'0 siècles. Elle est d’une taille haute, élancée et bien faite; les chairs sont d’une pâleur de cire, maladive, avec une légère rougeur aux joues; cette nuance correspondait évidemment au goût de l’époque. La figure de Théodora (f; EÙcjciifiecrTàrri Au-fouaia, est identique même quant au costume (fig. 74). Ces deux figures forment un seul et même type; l’émailleur, préoccupé seulement de conserver une individualité impériale, n’a pas jugé nécessaire (il n’en avait peut-être pas d’ailleurs les moyens) de différencier, ne fût-ce que par la taille, deux femmes aussi différentes que la célèbre Zoé et sa sœur. Cependant ce tableau, où elles sont représentées officiellement ensemble, nous autorise à voir dans cette couronne un travail exécuté entre les années 1042 et 1055 .’f
Des deux côtés du groupe central sont représentées, sur des écussons moins grands, deux danseuses (fig. 75) sur un fond de rinceaux avec feuillage
Fig. 74. L'impératrice Théodora, ibidem.
Fig. 75. Danseuse, ibidem.
*) Zoé fut impératrice, mais sa sœur Théodora conserva le titre à'Avgusta , bien qu’elle ne fût corégente que ti-ois mois avant le couronnement de Constantin. Voyez Ducange, Iïistoria byzaniina, Familles byzantines , Lutetiæ Parisiorum, 1782, p. 145.
pour cette fois naturel. Ces deux figures portent par dessus le chiton bleu clair une robe spéciale à manches; chez l’une elle est turquoise, chez l’autre blanche avec des bracelets turquoise et une doublure rouge framboise. Toutes deux ont des épaulières (maniaques) cousues niais très-richement ornées d’émeraudes, et des chaussures de deux couleurs que de Linas suppose être des calcei fenestrati; toutes deux tiennent et balancent une écharpe à deux couleurs qui ressemble aux étoffes de Damas du temps. Toutes les étoffes, parsemées de feuilles de lierre d’or, sont évidemment en soie, si 1 on en juge par le soin que l’émailleur a mis à reproduire leur finesse et leurs moindres plis. Les cheveux brun marron bouclés des danseuses sont maintenus au moyen de rubans blancs. Les carnations sont rose tendre. Les attitudes exagérées des figures et leurs vêtements flottants font un effet désagréable. Mais ces attitudes ne doivent pas être imputées à l’art byzantin qui prenait ses modèles dans l’art antique, notamment dans les terres cuites grecques où les figures ont des attitudes tout aussi exagérées.
De chaque côté de ces deux plaques (si toutefois il n’y en avait pas ici d’autres, qui manquent aujourd’hui) se trouvent deux vertus: l’Humilité, n xavivocîiç (fig. 76) et la Justice, n chietia (sic! (fig. 77). Toutes deux ont le même costume, comme il convient aux allégories; la différence ne réside que dans les couleurs. L’une de ces deux figures est vêtue d’un chiton bleu clair et d’un himation vert; l’autre, au contraire, a un chiton vert et un himation bleu. L’Humilité, bien entendu, n’a point de maniaque; la Justice, au contraire, a un vêtement supérieur rouge à manches maintenu par une ceinture et sur lequel sont brochées des feuilles d’or. Les nimbes autour de la tête des Vertus sont verts et bleu clair; à l’intérieur ils sont ornés de motifs en or, comme les nimbes de certaines femmes employées comme motifs décoratifs de la Femme mystérieuse allégorique dont il sera question plus loin. La Justice a le doigt d’une main posé sur les lèvres et tient une croix de l’autre main. Notons les rubans de différentes couleuis qui indiquent probablement la doublure du brocart, à moins que ce ne soient réelle-