‹ Histoire et réfutation du socialismeChapitre 5 sur 9 · TROIS · texte numérisé non relu

TROIS

Et il faut voir avec quelle paternelle sollicitude l'inventeur de la triade se complaît dans ses conceptions bizarres ! comme il s'admire dans son œuvre ! comme il méprise l'unité, la décade et la monade ! comme son fanatisme pour la TRIADE éclate à chaque instant ! comme il la caresse, comme il en parle, comme il l'aime I La triade, c'est son rêve, c'est son Dieu; il lui sacrifie tout ; Illogique, k vérité, la grammaire, la raison. Il chérit tant ce principe qu'il maintient son existence même quand il s'en écarte le plus. Son fanatisme pour cette trinité va jusqu'à croire à son existence , même quand elle n'existe pas. Il la comprend composée d'un seul ou de deux individus !

I^ TRIADE est appelée à organiser l'égalité absolue, l^'associatioa triadique ou triadaire est le but de la

religion de l'humaniU^ de la religion Pierre Leroux ^ du Socialisme par excellence.

La triade donne à chacun un peu de Fhéritage corn iDun ; elle procure à tous le vêtement, la nourriture et l'habitation ; total, trois.

Chacun a droit à la propriété ; la propriété est à tout le monde, comme les instruments de travail et les matières premières.

Il y a TROIS espèces de travail , et le travail a trois termes.

Les hommes travaillent en commun, trois par trois ; les produits et les instruments des trois espèces de trar vaux sont partagés entre tous.

Tous les citoyens sont fonctionnaires publics, leur rétribution est triple et une !

Tel est le système d'organisation sociale au moyen duquel M. Pierre Leroux prétend régénérer le monde !

Il a encore un système administratif. Pas n'est besoin de dire que, là encore, la triade sert de base. Il y a |a triade administrative, la triade législative, la triade judiciaire, et plusieurs triades éducatrices. IlyaTROis pouvoirs : l'un législatif, l'autre judiciaire, l'autre exécutif.

Le projet de constitution démocratique et sociale de H. Pierre Leroux est d'une bouflfonnerie excessive , d'une extravagance échevelée.

Quoi qu'il puisse espérer, il ne sera jamais écouté par des hommes sérieux, car il n'a rien de fécond, rien de

puissant, rien de praticable, et, j'oserai l'affirmer, rien de moralisant et d'honnête.

Ainsi, en religion, il supprime Dieu; en politique, il proclame l'égalité absolue; en économie sociale, il détruit la propriété individuelle et donne le capital à l'État.

Les bénéfices du travail sont arbitrairement répartis, au mépris de la liberté.

Âpres cela, M. Pierre Leroux ose dire qu'il n'est ni athée, ni commimiste ; il s'écrie qu'il est un homme religieux.

Imposture I Comme tous les socialistes, M. Pierre Leroux n'a pas de religion.

La religion est tout pour l'honnête homme. Sans religion, vous ne ferez pas de bonnes lois et vous n'aurez pas de bonnes mœurs.

Le Christianisme, c'est la puissante parole qui instruit, c'est la voix sympathique qui proclame la vérité, et s'élève, énergique et convaincue, au-dessus des orages des passions, qu'elle domine, et de l'esprit du mal, qu'elle abat.

Elle commande l'attention et le respect aux plus rebelles. Or, la politique consiste dans l'application de la morale divine aux intérêts de la terre.

Le Christianisme, seul, peut inspirer les moyens de réaliser les améliorations que le peuple a le droit d'attendre.

Le Socialisme ne peut rien pour le progrès ; il ne peut

alléger aucune misère, soulager aucune soufirance, consoler aucune douleur.

Le Christianisme se défend par lui-même; il se défend par sa sainteté et par ses actes ; le Socialisme se détruit par lui-même.

Ce n'est pas le Socialisme qui est animé du double amour de Dieu et de l'humanité; ce n'est pas lui qui proscrit l'injustice et la violence, et qui, dans sa rigoureuse logique , s'appuie sur le témoignage de l'histoire et sur le droit : c'est le Catholicisme.

Le Catholicisme met en lumière la vérité éternelle.

Comme sa charilé est touchante, touchant son langage ! Avec quelle émotion ne l'entend-on pas, de sa voix ferme et vibrante, éveiller jusqu'au fond des cœurs les nobles vertus, les généreux sentiments !

Âh ! si nous suivions ses préceptes , nous aimerions Dieu , nos semblables, notre patrie et la justice.

Le Socialisme est tout athéisme, tout haine, tout despotisme.

Le Catholicisme est tout amour : amour de Dieu, amour du prochain, amour de la patrie, amoiur de la liberté.

Les socialistes n'ont pu entraîner après eux le peuple travailleur et honnête , car celui-là croit à Dieu et à Timmortalité de l'âme; il aime sa famille, et, si peu qu'il possède, il ne veut pas le pillage universel.

Les socialistes n'ont entraîné après eux que cette lie, cette fange de la population, qui est au peuple ce que la

baue est à Teau bmpidc, ce que le frelon est à Tabeille , — des paresseux, des débauchés, des ivrognes, gens querelleurs et féroces , sans éducation ni dignité, race crapuleuse, misérables abrutis par les passions viles, par le matérialisme le plus immonde.

Au reste, il y a du bon chez tous les hommes, même chez les plus dépravés et les plus terribles; il s'agit de faire vibrer la corde sensible du cœur humain. Or, comment en arriverez-vous là sans le morale du Catholicisme ?

Le Catholicisme rend les hommes meilleurs; le Socia- Usme les rend mauvais et malheureux.

Arrière donc la fausse religion de M. Pierre Leroux; arrière la renaissance dans niumanité^ la triade et le ctrculiisl

Le CiRCULUs ! Il faut pourtant que je vous parle du Girculus, C'est ce qu'il y a de plus délicat. En deux mots

et pour en finir, le Circulus, c'est le détritus delà

digestion.

Tout homme rend à la terre la somme de matières qu'il a consommées.

Ce fumier, cet engrais, M. Pierre Leroux l'appelle le principe supérieur du Circulus. Ainsi , l'homme produit à mesure qull consomme. Il a donc le droit de* vivre. Celui donc qui ne fait rien n'est pas absolument inutile, et peut encore avoir le droit de manger. Il est protégé par le divin principe du Circulus ; seulement, celui qui se

sera mis à Tabri de cette loi ne pourra être ni citoyen « ni associé, ni fonctionnaire; total, trois.

Tel est le système agricole qui complète et couronne l'œuvre de M. Pierre Leroux.

La fin est digne du commencement et du milieu; seu-* lement, cette dernière folie est la plus inouïe.

Le GiKGULus est l'aberration la plus incroyable qu'un cerveau abandonné sans ressources par les médecins puisse enfanter, et il en est ainsi de la Renaissance dans Vhumanité et de la Triade.

M. Pierre Leroux n'est pas seulement un philosophe matérialiste, c'est surtout un révolutionnaire indomptable, n ne recule pas devant l'appel à la guerre civile; il ne ^recule devant aucune violence pour renverser la vieille société.

« Le drame ri est pas fini ! »

S'écriait-il hier.

Que cette menace ne nous épouvante pas, mais qu'elle nous encourage à la vigilance.

Ils méditent l'attaque, soyons prêts pour la défense !

H. Pierre Leroux appelle le Socialisme une religion.

CetA la rdigion de la matière et du oommunisme , la religion de Tenfer.

Le Socialisme supprime tout ce qui est du monde de Tâme , tout ce qui nous est inspiré par la Religion.

Il foule aux pieds toutes les saintes traditions; il sanctifie la matière , les passions viles , la jouissance ; il confisque la liberté; il ravale l'homme; il lui ôte sa dignité et sa grandeur.

La prétention de M. Pierre Leroux et des autres socialistes à être des hommes religieux et moraux est doue une impudence qui n'a pas de nom.

Les socialistes, c'est-ênlire les athées, les communistes , les matérialistes , tuent toute la poésie de la vie ; ils tuent l'amour ; ils tuent l'espérance, le sentiment ; ils tuent Part.

Ils nous disent que nos souvenirs et nos espérances sont des raves stupides. Nous sommes fous quand nous aimons , quand nous nous représentons les personnes chéries par les objets qu'elles nous ont laissés après elles; quand une mèche de leurs cheveux, quand un objet porté par elles, nous console et nous fait palpiter le cœur; quand un air de musique, autrefois entendu, vient chanter en notre âme et nous plonger dans les extases et les délices d'un passé regretté ; — quand enfin nous espérons revoir auprès de Dieu tous ces êtres que nous aimions, nous sommes des fous !

Ah ! laissea>noua cette sublime folie ; gardez , gardez votre cruelle sagesse 1

Noos sommes fous aussi quaod nous allons pleurer et prier sur les tombes vénérées de nos mères ; il est plus sage de les souiller de pas profanes; plus sage de vivre par la matière, de n'avoir rien de sacré, d'étouffer eia soi toute pensée , toute grandeur et toute croyance !

Le Socialisme, c'est la servitude ; — le Catholicisme, c'est la liberté.

En tout, la vérité est au milieu. Le Catholicisme tend à maintenir l'homme dans cette position raisonnable. Toute société qui se fonderait sur les maximes du Catholicisme et qui suivrait scrupuleusement ses maxiiaes serait une société parfaite. Ce n'est pas la iaute du prêtée s'il y a si peu de vertu en ce monde ; c'est la faute du péché qui est dans l'homme.

J'ai entendu un athée dire :

a U ne faut pas détruire Dieu , c'est maladroit ; il faut nier la religion catholique , c*est le plus sûr moyen de détruire l'un et l'autre ! »

Tant il est vrai que la religion catholique est une religion divine, de l'aveu même des méchants !

C'est surtout en écoutant les athées, c'est en Usant leurs ouvrages, que l'on s'attache le plus vivement au Catholicisme et qu'on se sent heureux d'y croire. Ceci prouve que l'aspect de l'erreur peut faire aimer la vérité.

Le matérialisme se suicide lui-même. Les arguments que produisent ses sectaires contre le Catholicisme font sa gloire éternelle. Plus ils l'attaquent, plus ils relèvent.

Le Sociatisme , c'est la ruine , c'est le mal ;

Le Catholicisme, c'est le salut de rbumanité 1...

HeligioD I c'est là ton privilège immortel et divin que partout où tu plantes la Croix , fùt«-ce sur le sol le plus aride , tu fais nûtre une floraison verdoyante et en» chantée I

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