‹ Histoire et réfutation du socialismeChapitre 6 sur 9 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

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L'ÉGOU FOURlâUSTB

Fourier est mort. Paix i sa eeaàre ! Mais sur ses écrits, qui ont agité et agitent encore le monde , je dois dire ma pensée libre.

De toutes les écoles socialistes « celle de Fourier n'est pas la moins dangereuse , car elle a été prècbée d'une buçoa séduisante. Il importe de dissiper ces illusions, et de montrer que cette doctrine, qui parait la plus ano* dine, est, au fond , la plus impure de toutes»

11 importe d'arracher leur masque à ces sectaires dont les conséquences rigoureuses sont le matérialisme et le communisme.

L'utopie fouriériste , — comme toutes les autres uto^ pies socialistes , — n'est ni nouvelle, ni originale.

Frappé du mal qui ronge la société , en dépit des en-

seignements catholiques, hélas ! souvent dédaignés, ayant eu personnellement à soufirir des douleurs lamentables qui affigent les malheureux, Fourier a cherché , lui aussi , un remède énergique et radical. Jusque-là rien de mauvais. Ceci est louable. J'honore et j'aime ce sentiment d*humanitéqui pousse le penseur à la croisade contre le vice et la misère qui oppriment les foules coupables et courbées.

Mais , je le répète , ceux qui , dans cette recherche du progrès, ne s'inspirent pas de Dieu, ne tardent pas à tomber dans Tabime de l'absurde et dans les pi^es de Tesprit des ténèbres.

Le Catholicisme nous fait un devoir de vouer à lliumanité et à nos semblables tout ce que Dieu nous a départi de facultés , de biens et de talents , sans rien rapporter à nous. Il nous enseigne la patience , la douceur, la charité, la vertu; aussi tout chrétien qui s'émeut à la vue des soufiQratnces qui pèsent sur beaucoup d'entre nous a-t-il bien mérité de l'Evangile. Ce sentiment est pur et dévoué, aussi jamais n'inspirera-t'-il que des refermes calmes, pacifiques et justes, auxquelles tous les gens honnêtes applaudiront.

Mais, quand, au lieu de s'inspirer de la religion, on s'inspire de l'athéisme; quand , au lieu de prêcher Famour et la paix , on prêche la violence et la haine , on éveille d'implacables protestations.

Et c'est bien. Les hommes religieux peuvent être sans amertume contre leurs adversaires, mais ils doi-

vent avoir rinflexibilitë de la droiture; ils dokent tout immoler à leurs principes, écarter doucement les affections les plus tendres , froisser s'il le faut les amb^ tiés les plus précieuses, et , s'il le faut encore, marcher, hélas ! sur leur propre cœur pour le triomphe de la vérité.

Je fais ainsi. Car plusieurs amis chers, plusieurs âmeS' bien-aimées, se sont laissé prendre aux séductions du Fouriérisme , parce qu'elles n'en connaissaient pas le côté si profondément immoral.

Je leur montrerai le revers de cette médaille infllme; e marcherai à la lumière sans regarder qui est avec moi.

Je n'ai pas , je le confesse , toujours ainsi fîrayé la sainte v(»e de Dieu. Quoi d'étonnant? Beaucoup d'autres , plus illustres que moi , n'ont pu échapper à la maladie contagieuse de cette calamiteuse époque. Ils ont eu leurs coupables journées de scepticisme et d'incrédulité. Plusieurs ont été jetés du doute dans le matérialisme , et du matérialisme dans le désespoir. Mais bientôt ils sont ramenés à la connaissance de Dieu et au Catholicisme ; et, une fois revenus à jamais dans la croyance chrétienne, leur esprit s'étend et se développe dans toute la liberté conquise par Texamen.

Tel , malheureusement, n'a pas été Fourier ; chez lui aucune réaction salutaire ne s'est opérée; et il a bâti son système sur le matérialisme, — • sur le néant.

Ghnque socialiste s'écrie » à peine monté sur les tréteau^ de la publicité : ^ J'apporte la vérité au ponde; je rapporte , la voilà! Voilà le bonheur de Vbumanité ! J'ai trouvé la pierre philosopbale morale ! j'ai trouvé le remède à tous les n^aux ! et je ne me suis pas trompé ! mon sypt^me embrasse toute l'économie politique \ il est complet, rien n'y manque ! Acceptez-le tout entier; n'ai relranche;^ pas un iota ! Gardeahvous de toucher à une seule pièce de cet édifice huwmitaiHy car vous le feriez écrouler tout entier.... Grâce à moi, les hommes vont enfin être tous d'accord ! »

J^e langag€^ des socialistes est ainsi ; et puis ils nous débitent le plu^ sérieusement du monde les stupidités les plus ridieules, les plus monstrueuses aberrations, le tout m donns^nt une interprétation arbitraire à la tradition de l'humanité.

))s réclament les droits les plus excessifs. — Ceux qui demandent des droits avec le plusd'emportementen sont ordinairement les moins dignes.

Les disciples de Fourier n^ont pas manqué, eux anssi, de crier bien haut que le système de œ réformateur était la panacée universelle.

C'est ainsi que chaque école socialiste est une coterie orgueilleuse et misérable.

H. Proudhon, M. Pierre Leroux, M. Louis Blanc, M. Cabetf se sont déclarés, chacun en particulier^ in^ faillibles. M. Victor Considérant affirme que c'est la doctrine de Fourier qui renferme la science infuse.

Ainsi, chaque socialiste se proclame àson tour la plus haute exception , la plus éminente personnalité philosophique.

Nul plus que Fourier n'a sanctifié la chair et les plaisirs sensuels, — quels quHls soient.

Il admet toutes les passions , même les plus immondes, même celles que le délire de certaines imaginations forcenées dans le vice ont inventées. Loin d'opposer des digues au débordement des impuretés, dont le scandale épouvante l'esprit et le cœur, il les encourage, il les invite à inonder le monde.

Dans le phalanstère, toutes les passions ont leur libre cours, — toutes, — sans règle, sans mesure, sans frein légal ni moral.

Plus qu'aucun autre socialiste, Fourier honore le crime et le vice, et déifie la jouissance.

Les courtisanes, rendant de grands services à l'hamanité, doivent être révérées !

Plus une femme se prostitue et plus elle est respectable !

La débauche est un sacerdoce !

Fourier remplace la famille par le culte de la chair. Il se flatte de combler le vide du cœur de l'homme par une ATTRACTION PASSIONNELLE, qui donuc satisfaction aux impurs désirs des libertins et brise la pudeur des âmes chastes , des âmes chrétiennes.

Il remplace le mariage par des relations sexuelles, par une immonde polygamie, qui répugne même aux animaux.

Les socialistes sont polygames , comme les plus viles d'entre les brutes , — car les espèces élevées des animaux sont monogames.

De tous les insensés , Fourier est un des plus insupportables ; mais : <c II faut répondre au fou , a dit Salomon, de peur qu'il ne s'imagine qu'il est sage. »

M. Pierre Leroux s'est chargé de répondre aux disciples de Fourier; il a démontré combien son système était immoral, et comme il était impraticable.

En effet loin de voir l'harmonie régner dans le phalanstère, comme s'en flattent les docteurs fouriéristes, on assisterait au plus hideux spectacle du matérialisme ; ce serait la misère avec la paresse, -- le règne de ces vices sans nom qui épouvantent l'imagination.

Vraiment, le courage me manque aujourd'hui pour

suivre le Fonriërisme dans tous les détails de son extra- Tagance et de ses vices.

Fourier a copié ses devanciers , et il n'est pas jusqu'à ridée du travail attrayant, dont ses disciples sont si fiers , qui ne soit un audacieux plagiat ; elle se trouve dans le Gode de la nature , et dans le Traité db législation de MaUy.

L'utopie phalanstérienne, qui se rattache par tous les points au communisme , est un ramas impur de toutes les vieilleries, de toutes les ordures démagogiques et matérialistes , qui croupissent dans les égouts du socialisme, et M. Proudhon a eu raison de dire que Fourier était le plus grand mystificateur du monde.

C'est le chiffonnier du socialisme.

Le Fouriérisme, qui fait des sept péchés capitaux sept vertus capitales, est une orgie matérialiste, une orgie sensuelle, monstrueuse, infâme; — c'est une conception déchaînée et furieuse dans laquelle ce sombre bonhomme veut entraîner les générations nouvelles. Malheur à ceux qui se perdent dans le tourbillon de ce rêve insensé ! Ceux-là ont abdiqué toutes les croyances enchantées , toutes les souriantes poésies de la vie. Infortunés ! ils ne boiront plus à la coupe embaumée et charmante de l'idéal , à la pieuse coupe de la famille; ils ont effeuillé iéslilas et les églantiers de la route. Infortunés! qu'ils portent le deuil du printemps qu'ils ont tué ! ils se sont laissé arracher toutes les illusions saintes, toutes

les pieuses croyances, -* et jusqu'à celle de revoir au ciel les âmes chères qu'ils adoraient, et qui donnent, glacées et pâles, sous Therbe haute.

Oh! le jour viendra oii , désabusés du phalanstère, ils pleureront leurs espérances éteintes; oti leurs lèvres dégoûtées repousseront la coupe de fausse ambroisie que les socialistes ont inondée de leur poison aux rayons sanglants. Oh ! alors, qu'ils n'oublient pas, ces pauvres trompés , que la Religion sait toujours pardonner à l'erreur; — qu'ils rentrent alors, — enfants prodigues, — dans le sein de leur chaste famille, follement abandonnée pour LA FAMiLLB UNIVERSELLE ; et leur vieux père méconnu tuera de ses mains tremblantes le veau gras pour les recevoir I

Alors, alors ils redeviendront honnêtes, et puis, comme aux beaux jours d'autrefois, ils garderont dans leur cœur le sentiment de l'amour de leurs semblables, mais ils Tépureront au foyer de la Religion; ils abdiqueront les espérances odieuses de la promiscuité des sexes; ils chercheront leur bonheur terrestre oU seul il est possible, dans les soins de la famille chrétienne, dans les joies du foyer ; — dans une femme chaste et vertueuse , — dans une seule , — la jeune fille à la démarche pudique, qui laisse après elle Tambroisie de la vertu dans l'air ; — union légitime , bénie par la Religion.

Ils comprendront que le seul moyen d'arriver aux ré-

formes, c*est de s'inspirer de Dieu, non de la matière; ils comprendront que, pour être digne de prêcher la fraternité aux hommes, il faut leur donner d'abord Texemple des vertus chrétiennes, — être doux et humble de cœur, — et que celui-là qui ne sait pas obéir est indigne de commander I

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