SIXIÈME PARTIE
COICLDSIOH
Je me résume* On a vu combien tous, les systèmes des socialistes sont faux et absurbes, combien tous ils 8'inspirent du mal et de la matière. Ils ne peuvent rien pour la société ; ils ne peuvent cpie la ruiner et la détruire. Elle est pourtant midade. Comment faire?...
11 n'y a qu*un seul remède aux maux qui assiègent l'humanité, c'est d'avoir la Foi, c'est de pratiquer les vertus chrétiennes. Les socialistes parlent de régénérer l'humanité ; mais avec quoi, malheureux?
En dehors de la Religion, oti est votre force, votre raison d'être, où puiserez- vous votre^ autorité, votre sanction ?
Les plus acharnés socialistes, ceux qui crient tous les jours contre l'égoïsme, ne font-ils pas à chaque heure acte d'égoîsme ?
Avant de changer la société, il faut changer Thomme, il faut déraciner de son ftme le vice rongeur, le péché. Au lieu de faire des systèmes, il faut chercher à rendre Thomme meilleur. Ainsi n'espérez pas faire une seule réforme, opérer un seul progrès, en dehors du Catholicisme.
L'homme est malheureux parce qu'il est coupable , parce qu'il est esclave de ses sens et de la matière , esclave du mal; c'est son péché qui fait son infortune. Faites une société vertueuse, et vous aurez une société fraternelle, dans le sens honorable et vrai du mot. Mais ne venez pas nous parler de toutes ces prétendues réformes qui nous conduisent au désespoir, à la bestialité, à la ruine , à Tathéisme. Tant que la société ne sera pas religieuse, tant qu'elle n'aura pas l'Evangile sur le cœur, il ne faut pas songer à constituer une société heureuse et libre. Mais, quand il en sera ainsi, les idées de réformes légitimes ne trouveront aucune résistance. Car, si nous devons lious opposer de toutes nos forces aux tentatives criminelles des factions impures , il ne faut pas non plus être pétrifiés dans notre zèle , il ne faut pas rester immobiles. C'est au parti de Tordre, au parti religieux , aux cathohques , à donner Texemple du progrès sage et légitime ; il ne faut pas que les instincts et les besoins de la défense commune absorbent la Charité.
Ce qui frappe tout d'abord , en suivant la marche du Catholicisme dans l'histoire, c'est son étemelle tendance à fonder, avec une louable et intrépide persévérance.
une seule et même société, efforts qui méritent de ne pas périr dans la mémoire des hommes. L'Eglise a posé les bases de Tordre social de l'univers, et, en particulier, de cette magistrature aguerrie qui constitua l'unité de notre patrie bien-aimée : la Royauté.
Tels sont les caractères philosophiques de ce sujet, en enseignements si fécond. Les prêtres donnèrent constamment des preuves de dévouement à la chose publique, même aux époques de préjugés et d'ignorance ; des preuves d'énergie, de vertu, de capacité, qu'on eût cherchées vainement dans les prédicateurs révolutionnaires. Chaque fois que la patrie fut menacée, ce fut la royauté, le clergé et le peuple, réunis dans un suprême et fraternel effort, qui repoussèrent l'invasion étrangère. C'est le Christianisme qui a inspiré tous les progrès de l'humanité. Souvent il a résisté à des impatiences fiévreuses, et toujours à des entraînements insensés et criminels. Et il a bien fait. Le progrès est une fenmie qu'on tient par la main ; si on la violente pour la faire aller trop vite et dans le chemin de l'erreur, elle résiste, s'arrête et recule souvent même en arrière.
L'Eglise a constamment tâché d'élever le peuple jusqu'à elle : c'était son devoir. Toute puissance morale qui fait aux sentiments du peuple des concessions indignes d'elle-même avoue hautement son impuissance; elle prouve qu'elle est incapable de le guider dans le bien. Voilà ce que les révolutionnaires, les Jacobins, les Socialistes, auraient dû comprendre. Si leur esprit orgueilleux
avait pu toucher aux profondeurs de la {Adosophie religieuso , ils n'eussent pas rendu les peuples si malheureux et si coupables ; ils eussent frayé une route à la fois honorable et facile, sur laquelle ils auraient recueilli les hommages et les respects de tous. Loin de là ! ils furent oppresseurs et cruels. Sortis du peuple, ils devinrent ses maîtres, ses tentateurs, ses ennemis; ils le poussèrent au crime. Ils Téloignèrent amsi de ce Christianisme, qui est la lumière et le bien. Ce système fut maladroit autant que féroce, car le peuple se retira d'eux : tandis que le mot Église veut dire temple , lieu de douceur, de pardon, asile enfin; Démagogie^ veut dire terreur, anarchie, misère.
La Fraternité , telle que le socialisme l'a faite, a causé des désordres et des maux difficiles à réparer.
Le socialisme abaisse l'âme humaine ; la religion l'agrandit et l'élève. La religion nous montre la vie comme un voyage semé de périls , mais qui doit conduire la vertu à la félicité. Elle rend l'homme supérieur à la douleur. C'est là qu'est la force du christianisme ; seul , le christianisme défie la soufiîance. Aussi sa morale est-elle supérieure à toutes les philosophies humaines.
Il importe donc aux législateurs de s'inspirer de la refigion pour faire des lois, et aux sages déparier au peuple comme elle. Au peuple il faut prêcher la patience, la modération , la dignité; lui montrer l'espérance et lui apprendre ses devoirs , afin de le rendre digne de ses droits.
il y a plus : le Catholicisme est la seule de toutes hss religions qui supporte Texamen de la raison. Il a sun vécu à toutes les attaques , à tous les bouleversements.
C'est que le Catholicisme comporte tous les progrès ; c'est qu'il n'est pas indifférent aux maux des peuples; c'est que seul il peut nous inspirer les remèdes vrais , puisqu'il est d'origine divine.
Puisque Ton avoue que la philosophie est impuissante, par ses tendances et son enseignement , pour combattre le socialisme, que faut-il? Il faut chercher dans Tëlément religieux la force que la philosof^ie ne peut donner.
Les hommes vraiment religieux, vraiment supérieurs , ne cherchent pas dans la force brutale et dans l'anarchie les moyens d'arriver à quelque chose; ils pratiquent la paix ; ils conseillent, ils n'imposent pas; ils prêchent, ils ne se battent pas; ils cherchent paci* fiquementia vérité, ils n'excitent pas leurs semblables les uns contre les autres ; ils engagent les forts à aider les faibles, ils n'aigrissent pas les citoyens; ils procèdent par la persuasion , non par la violence ; ils font, au nom de Dieu , un courageux appel aux générosités du cœur, non un appel inf&me aux passions viles de l'homme; enfin, ils sont apôtres de la fraternité caâiolique, non les apôtres du carnage. Et, en somme, ils sont plus avides de réformes honnêtes, loyales et possibles, que tous ces charlatans éhontés et fougueux, tous ces prédicateurs factieux du dogme sanglant de la