‹ Histoire et solution des problèmes métaphysiquesChapitre 29 sur 182 · ARISTOTE : LTDEE DE DIEU · texte numérisé non relu

ARISTOTE : LTDEE DE DIEU

au point de vue do lu cause otTiciente. Comment faire rejoindre ces deux termes éternellement séparés : Dieu défini par l'idée générale de la conscience, mais vide, repliée sur soi, toujours identique à elle-même, et la nature immense, aux puissances contraires, aux existences indéfiuiment multipliées, sans unité consciente de sa fin, ni pouvoir pour l'atteindre? Ne faut-il pas ajouter à Yacte pur de l'être suprême Vacte extérieur pour produire hors de soi la vie et l'intelligence et régler le mouvement universel? Aristote ne s'étant pas posé la question, ou n'ayant pu la juger résoluble, de la manière dont il l'abordait, la partie morale de sa philosophie a dû se trouver essentiellement individuelle et pratique, bornée au point de vue de la vie terrestre. Deux points de doctrine sont liés, dont les philosophes de notre temps semblent ne pas voir la réelle solidarité : l'existence d'une vie future de l'individu (immortalité de l'âme) et l'existence d'une destinée de l'humanité (avenir de bonheur par le progrès, finalité, soit naturelle, soit providentielle). La réalité est dans l'individu, non dans l'universel. Qu'importe àl'hommequi, en tant qu'essence réelle, est toujours individu, que d'autres individus ses semblables doivent apparaître et se succéder dans la suite des temps, alors qu'aucun ne pouvant prétendre à une destinée immortelle, l'individu en général est, ce qu'il est lui-même, un éphémère, un être de vanité. Si Aristote avait admis l'immortalité de l'âme et la Providence divine, il n'aurait pu, dans sa théorie du monde, laisser entre l'homme et Dieu la causalité efficiente à l'état de lacune. Mais, prenant pour idéal, en Dieu et dans l'homme, au lieu de la conscience, et de la vie élevée à sa perfection, l'abstraction de l'intelligible intelligent, un et immuable, il a pu donner cet idéal pour fin unique à la vie mortelle; il s'est abstenu de toute spéculation sur l'hu-

Renouvier. — Problèmes métapliys. 6

manito future, sociale aussi bien qu'individuelle, il n'a établi, entre l'absolu inaccessible, et le plus excellent produit de la nature, l'homme, d'autre lien que la contemplation, réalité parfaite chez le premier, tendance imparfaite et passagère chez le second.

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