LA ÏHKORIK NI^^PLATONICIENNE DE DIEU ET DU MONDE
dos songes prophétiques des apparitions, il conversait avec les dieux de dillerentes nations (celui des chrétiens excepté). Son biographe Marinas rapporte de lui des miracles. Mais on en avait aussi attribue à Plotin.
Les superstitions de ce genre vulgaire, qui peuvent s'approprier à toutes les religions, s'alliaient, dans le néoplatonisme, à la plus haute et à la plus ardue métaphysique, grâce à la chaîne des hypostases, des dieux, des dénions, et des âmes, qui descendent de l'unité suprême et vont s'enfonçant dans la matière. L'un était conçu par Proclus comme inelTable, à un degré dépassant, s'il se pouvait, le degré d'incompréhensibilité de l'Un de Plotin; car il est imparticipahle : il n'est ni intelligent, ni intelligible comme la pensée, qui peut se penser elle-même ; ni essence, ni être, ni cause, mais il est, pour cela même, d'autant plus cause, car tous les effets sont ses efîets. Ce mystère est éclairci par une contradiction : le genre d'émanation qui appartient à 1 "Un est un abaissement, mais où l'Un n'entre lui-même pour rien; c'est sa nature nécessaire qui déchoit, devient multiple; et c'est des multiples, ce n'est pas de l'Un que participent les intelligences. La deuxième et la troisième hypostasc étant dans ce môme rapport, chacune avec ses productions respectives, il n'est besoin nulle part de l'action dérniurgique, si ce n'est en un sens qui n'a plus rien de commun avec une création. Elles connaissent leurs effets en se connaissant : l'Un (qui est immuable), en connaissant les changements de sa nature déchue ; l'Intelligence (qui ne pense pas), en connaissant les Idées, et l'Ame unique en connaissant les âmes. Chaque hypostase ne connaît et n'aime que soi, et l'inférieur ne connaît le supérieur que dans ce qui en émane. Toutes ces contradictions passent pour profondeur.
Les hypostases forment une trinité, mais de chaque
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hypostase, à son tour, une trinitc dérive. Ainsi, dans la première, c'est de la Limite et de l'Infini, ou matière, que dérive la nature des choses, et ceci est un trait de doctrine venu des pythagoriciens. Dans la seconde, la mènic opposition et la même synthèse du limité et de l'illimité donnent l'Etre, et au-dessous de l'Etre la Vie, et au-dessous de la Vie l'Intelligence. C'est un ordre descendant qui suit l'ordre de généralité des phénomènes dans la nature, conrormément à l'esprit de l'idéalisme platonicien.
Les Idées ne sont point, pour Proclus, des concepts, humains ou divins qu'on les envisage, mais de vrais sujets eu soi, des suhslances, des causes à la fois efficientes et finales. L'être intelligihle de l'Intelligence, pur, d'un côté, indépendant et séparé, forme de l'autre, une procession d'entités partout et tout entières présentes pour servir à l'élévation de l'Ame vers la connaissance.
Aux premières trinités de Proclus, il s'en rattache une multitude d'autres qui font de son système une immense construction dialectique de sujets à la fois idéaux et réels, analogue en ceci à la logique réaliste d'un disciple célèhre de Kant, et fondée comme elle sur la synthèse de l'être et du non être (la même en effet que celle de l'affirmation et de la négation, de l'Infini et de sa limite). L'Un, ce sur-être de Proclus, est aussi un non-être au commencement du système. Sa meilleure définition, telle que la perfectionna Damascius, le dernier de ses successeurs à l'école d'Alhènes, le présente comme une nature qui ne i)eut être pensée parce que toute pensée pose une relation ; aucun nom ne lui convient, on ne peut que dire ce qu'il n'est pas, et ce qu'il n'est pas, c'est toute chose qu'on peut dire. Et, à la fin du système, là où se place le plus bas degré de l'émanation, c'est le non-être qu'on retrouve, sous