‹ Histoire et solution des problèmes métaphysiquesChapitre 50 sur 182 · LI-: SYSTKMK Dl^S IIYPOSTASF.S DANS LK GIIRISTIANISMK · texte numérisé non relu

LI-: SYSTKMK Dl^S IIYPOSTASF.S DANS LK GIIRISTIANISMK

que les religions avaient loiiles et toujours assez iléfini en regardant les dieux comme doués de connaissance et de volonté. D'une autre part, l'incarnation du Lo^'O^était le recul de la foi judaïque à une mythologie de bas ordre.

S'il se fût agi d'une franche mythologie, telle que le vichnouisme avec ses avatars, ou le vieux polythéisme hellénique avec ses métamorphoses, l'idée de rincarnalion n'aurait point créé d'embarras. Mais, pour le christianisme, issu théologiquement du judaïsme, il était également diflicile de comprendre l'union de l'être de Dieu avec un corps borné et misérable, le })assage de l'un dans l'autre, ou d'avouer (ju'il ne fallait entendre la chose qu'au sens ligure. On crut, dans une certaine secte, que l'auteur de l'Evangile selon Jean n'avait voulu attribuer au Lot/ us. venu parmi les siens, \es fi/s de Dieu, les amis de la Lumii-re, que l'apparence d'un corps humain. Et après qu'il eut été convenu que le Logos était venu au monde en une vraie chair d'homme {caro faclum est), la question logique demeura sourdement insoluble. Un docteur scolastique célèbre, le Maître de sentences, au cœur du moyen âge, demandait, naïvement peut-être, comment on devait entendre ces expressions orthodoxes : Dieu a été fait Jiomme^ le /ils de Dieu a été fait fils de llionnne? Est-ce qu'il se peut que Dieu ait été fait quelque chose ?

Le uioiXàim perso na s'était étendu peu à peu de l'idée de masque à l'idée de rùle, ou de personnage tenant un rôle, et, de celle-ci, à l'acception devenue commune de personne. Ce dernier sens existait déjà au n" siècle et fut employé par les jurisconsultes, dans la suite, pour désigner l'agent, par opposition à l'action ou à la chose laite. 11 n'y eût eu rien de plus simple, puisqu'on professait le monothéisme, que de regarder les hypostases définies par les philosophes émanatistes comme les

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noms des altril^uts principaux du dieu unique cl créateur; mais il fallait en ce cas définir la divinité du Christ, non comme l'identité avec Dieu par consubstanliation, mais comme la })articipation aux atti'ibuts, ou sous quelque mode du genre de ceux dont le propholisme juif s'était servi })our se représenter la personne du Messie dans le plan du monde, dès son origine [à la droite de Dieu, en termes symboliques usités). Cette doctrine, logiquement défendable, ne put prévaloir sur le fanatisme. D'un autre côté, l'attribut de la personnalité ne pouvait pas, pour les chrétiens, se détacher de la notion d'hypostase, parce que le Fils, unissant la nature humaiiy à la ualuve divine^ devait nécessairement posséder, à titre d'homme, la conscience personnelle. En outre, l'idée du Père s'éloignait trop peu de celle de Dieu absolument parlant, et elle était trop personnalisée par la forme consacrée du dogme de la rédem[)tion, suivant laquelle le Père commandait au Fils (ou acceptait du Fils) le sacrifice requis pour le salut des hommes, pour qu'il fût possible de réduire la première hypostase, plus que la seconde, à l 'impersonnalité. Ne pouvant donc ni renier le monothéisme, ni éviter de personnifier les hypostases, les évèques fondateurs du dogme décrétèrent une théorie d'après laquelle Dieu, l'Eteruel, qui était une personne, devait être uni substantiellement à une autre personne, éternellement engendrée par elle, et ne formant qu'un seul et môme dieu avec elle, et si différente d'elle, cependant, qu'elle devait se faire homme, et subir le dernier supplice en qualité d'homme, sans que la première personne, sa consubstantielle, reçut aucune atteinte en son immutabilité. Cette étrange conception, imaginée tout exprès pour être un mystère, comme ces docteurs la nommèrent, humainement irrévélable, dut à son tour donner l'entrée, par voie de procexdon, fut-il dit cette fois, et non plus

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