LES ANALYSES PSYCHOLOGIQUES DE LOCKE
L'étude des idées les plus importantes traitées dans l'Essai, nous montre Locke à la fois sur la voie dune certaine méthode phénoméniste, et très en retard sur les cartésiens dans Fintelligence des principes qui pouvaient passer pour acquis, ailleurs qu'en Angleterre. Le premier de ces principes est la diirérence radicale à reconnaître entre deux grandes classes de phénomènes, désignées par les Tioras de pensée et d'étendue, qui sont telles, que la première est certainement réelle, et renferme l'autre, au moins quant à sa représentation, qui sans elle ne serait pas donnée ; tandis que la réalité de la seconde, en tant que différente de sa représentation même, est niable, jusqu'à plus ample examen. Il est,
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en loul cas, prorondément illogique de poser celle-ci comme embrassant celle-là. Locke ne connut pas cette vérité capitale, origine de la méthode rationnelle, et soutint la possibilité que \<x facultr de penser eût été attachée par Dieu à un certain arrangement d'organes, à la matière, moyennant certaines dispositions. Nous ignorons, disait-il, la nature de l'dme^ celte chose jye lisante. Un cartésien répondait aisément, sans pour cela renoncer au réalisme substantialiste, ni se croire en état de délinir Tànie entant que substance individuelle, que la nature de la chose pensante devait en tout cas sedéfinir comme le sujet propre de la pensée, non comme un sujet étranger et inconnu, supposé capable d'acquérir cette propriété de penser.
Mais Locke se croyait instruit de la nat.ui'o de la matière, il lui attribuait les qualités, Avia^ priniaires, des corps, tout en lui déniant les {\wn\\ié^ {WWs secondaires . 11 admettait que celles-ci seules se rapportent à la pensée, et se regardait comme le premier qui eût découvert qu'elles s'y rapportent, ce qui prouve qu'il ne connaissait pas la physique de Descartes.
Touchant l'idée de substance, Locke soutint que nous ne pouvions la tenir ni de la sensation, ni de la réflexion ; il remarqua qu'elle signifiait un sujet indéterminé de qualités, lesquelles nous sont seules connues, mais il ne songea pas que cette signification sullisait pour une certaine manière (qui est la bonne; tVavoir cette idée : à savoir, dans l'usage logique que nous en faisons pour rapporter des qualités à un sujet empiri(|ue, c'est-à-dire à un groupe donné de phénomènes, ou dans nos raisonnements sur les relations de ces groupes variables. Il confondit la question de Vidée de substance, avec la question de Yexistence réelle du sujet en soi, indéterminé, dénué de qualités en lui-même. Ce n'est probablement pas de la substance, en tant que