‹ Histoire et solution des problèmes métaphysiquesChapitre 85 sur 182 · L'JDEE DE DIEL- SEEOX KANT. LES IDÉES DE LA I^AISON. LES POSTULATS · texte numérisé non relu

L'JDEE DE DIEL- SEEOX KANT. LES IDÉES DE LA I^AISON. LES POSTULATS

La Ci'i tique de laUai.ion pure nous conduit à regarder h- monde empirique comme un système de représenta-

lenn'inée, {qitibus en delennhiutur), reçoivent à volonté, en allemand, le sens exactement contradictoire : qu'elle détermine, et ce dernier sens a été préféré en effet par M. Picavet, le plus récent traducteur français de la Crilique de la raison pratique (p. Ml). .Nous faisons cette remarque pour relever l'étonnante singularité d'une tiiéorie qui permet véritablement l'un des deux sens, ou l'autre, à volonté, des trois mots, quelle qu'ail pu être la direction de la pensée propre de Kant, en les écrivant. iNous croyons sans peine que le point de vue des phénomènes est le plus naturel. C'est l'acte désigné comme l'aboutissement de tout le passé, par lequel cet acte est déterminé: mais le point de vue du noumène n'est pas moins celui que Kant nous impose également : l'acte, cause unique de tous ces phenoniènes du passé qu'il détermine tout en les paraissant suivre temporellement. Le mot de Ténigme, c'est que la loi de succession n'est qu'une apparence, et, pour aller plus au fond, c'est que le noumène lui-même est un pour tous les hommes. Il ne se pourrait pas autrement que leurs actes temporels fussent impliqués les uns par les autres, comme l'exige le déterminisme qui les fait tous solidaires. On peut donc ainsi remonter de la théorie de la liberté de Kant au panthéisme théologiijue, a moins qu'on ne préfère la doctrine de la chute universelle de la Volonté, de Schopenhauer.

Renolvif.k. — Problèmes molaphys. 19

lions dans l'espace et dans le temps, qui, eux-mêmes, sont en nous, et à nous compter nous-mêmes, avec tout ce qui informe notre conscience, au nomljre de ces phénomènes entraînés par la nécessité. L'acte de reconnaître en même temps cette conscience comme un noumène, cet acte lui-même est un de ces phénomènes, selon la propre déclaration de Kant. Enfin, les démonstrations de Dieu et de rimmortalité données par les métaphysiciens, ne sont que nos propres idées, auxquelles nous prêtons la vertu, que logiquement elles n'ont pas. de prouver la réalité externe de leurs objets.

D'une autre part, la Critique de la Raison pratique, la notion du devoir, la reconnaissance de la liberté, que la loi morale implique, nous conduisent à rapporter notre conscience à un sujet en soi, hors des phénomènes. Cette idée, d'origine et d'usage tout pratiques, ne répond pas pour nous à une connaissance théorique réelle, en sorte que nous ne saurions la dire plus démontrée que l'ancienne notion de ràme-substance. Toutefois « le concept de la liberté est le seul qui nous dispense de sortir de nous-même pour trouver l'absolu et l'intelligible on correspondance avec le conditionné et le sensible. C'est notre propre raison qui, grâce à la loi suprême absolument pratique, et à la nature de cette loi consciente, se connaît comme appartenant au monde purement intelligible, et détermine en même temps ce qu'il lui appartient de faire en cette qualité. On peut ainsi comprendre que, de toute la faculté rationnelle, il n'y ait que la rationnelle pratique qui puisse nous transporter au delà du monde sensible et nous fournir des connaissances d'un ordre et d'une connexion suprasensibles ». Kant ajoute, et cela s'accorde mal avec la nature des connaissances,— \\ leur donne celte fois ce nom, - qu' « elles ne peuvent, pour cette raison même, être étendues qu'autant qu'on le trouve néces-

Page 1