‹ Histoire et solution des problèmes métaphysiquesChapitre 86 sur 182 · IDEl:: DE DIKU SELON KANT · texte numérisé non relu

IDEl:: DE DIKU SELON KANT

sauv pour robjel purement pratique à se proposer ». On ne comprend pas par quelle sorte de privilège il réclamerait notre confiance pratique, cet absolu que, sans sortir de nous, nous trouverions en correspondance avec notre être conditionné ; car il n'a certes pas une meilleure garantie à nous oITrir de son existence, hors de nos représentations phénoménales, que ces idées de Dieu et de Ta nie dont la correspondance à des objets réels ne sauraient, selon Kant, se conclure sans paralogisme. On ne saisit pas mieux comment l'usage pralique pourrait être séparé de l'acceptation théoiique. Si nous ne pensons pas être en possession de sa vérité, sur quel fondement donnerons-nous, à un concept, une autorité sur nos actions ? et si nous agissons d'après une conviction, est-il moins naturel et moins légitime d'en regarder l'objet supposé comme une connaissance d'ordre intellectuel que comme une règle de vie ? La distinction ne serait justifiée que s'il existait pour le sujet en question un jugement susceptible de se confondre avec une intuition immédiate. La méthode de Kant ne s'opposerait donc pas à la doctrine de la vision directe, interne, de la vérité en soi ! Mais s'il n'y a point évidence, s'il peut y avoir croyance seulement, pour nos affirmations transcendantes, que dire de ce continuel effort de l'auteur de la Critique de la Raison pure pour mettre en suspicion les conclusions tirées de nos idées a la réalité de leurs objets qui ont passé pour les plus rationnelles, et puis tant de hardiesse à donner pour des produits de la Raison pure des idées absolues, dispensées de fournir des titres à notre croyance?

Celte suspension singulière entre la méthode critique et des affirmations très dogmatiques se montre dans la manière dont Kant a présenté les postulats de la Raison pratique, et formulé l'idée de Dieu à ce point de vue; car il n'a recommandé ces thèses que pour leur usaqe

praiiquo, le seul valable selon lui, et c'était les déprécier théoriquement. Ailleurs, au lieu d'une déimition de Dieu positive, il a avancé différentes vues de la divinité pour satisfaire à dilïérentes indications intellectuelles ou morales. On peut distinguer comme trois étages de sa pensée sur ce chapitre.

Pour le dieu des postulats, c'est r idéal da souverain bien qui pose la question pratique. Cet idéal est l'accord constant d'une volonté moralement bonne avec le bonheur. La loi morale se fait sentir à notre cœur, et notre volonté est libre, parce que l'obligation n'aurait pas de sens si l'action était toujours prédéterminée et nécessaire. C'est le premier postulat. Il domine toute la Raison pratique.

D'une autre part, le bonheur serait « la satisfaction de tous nos penchants en extension, intensité et durée », et nous savons par l'expérience que nos satisfactions ne dépendent pas en général de la moralité de notre conduite. De là les deux postulats qui suivent celui du libre arbitre, et qui seuls permettent de concevoir la possibilité d'un accord, actuellement impossible : 1 immortalité et Dieu.

Une vie future et Dieu sont les conditions de l harmonie entre le devoir constamment obéi et le bonheur, car il y faut une disposition providentielle : « un monde intelligible gouverné par un sage créateur », dit Kant, qui reconnaît formellement qu'un tel monde suppose Yintelligence et la mlonté d'un auteur de la

jxature

Le postulat de la divinité, avec cette explication, n'empêche pas Kant de se prononcer presque partout contre Yanthroponiorphisnie. Il dit cependant quelque part que « nous sommes autorisés à concevoir la cause du monde suivant une subtile espèce d'anthropomorphisme (sans laquelle il nous serait impossible d en rien

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