DE L'ABOUTISSEMENT DES ESPRITS AU POSITIVISME
d'étudier les questions dont la controverse a suscité la doctrine des idées innées, d'un coté, ou l'idéalisme sensatiouiste. de l'autre. Il a été négateur des objets Iranscendants de la philosophie, en disant n'en être simplement et n'en vouloir être qu'ignorant ; et il a commis une pétition de principe, en supposant que leur affirmation et leur négation étaient également inabordables poui' l'esprit humain, puisque la critique de la connaissance lui est restée étrangère. 11 faisait d'une hypothèse historique, la prétendue loi des trois états de respril luimain, un dogme qui le dispensait de l'étude de l'esprit humain, lui-même. Mais alors même que la succession de ces états ne serait pas une chimère, il aurait fallu apporter la preuve que ïéhd positif était vraiment le dernier et définitif : induction arbitraire (XLYIl).
L'écleclisme a. comme le positivisme, méconnu la nécessité d'étudier la nature et les principes du savoir. Bien plus que son rival, car il i\'avait pas comme lui la loi historique pour recours, il est tombé dans le vice logique de prendre pour de la philosophie un agrégat de thèses juxtaposées. Au lieu d'une loi, c'est l'absence de loi qu'il croyait constater dans l'histoire des idées et des méthodes en pliilosophie. D'une certaine vue sommaire du partage des espi'its, en divers temps, entre un même nombre de tendances définies, contradictoires enti'e elles, ([ui lui semblent, avant qu'il ait aucun ci'itère pour en juger, également erronées, et qui ne représentent même point les plus profondes des scissions des esprits en logique et en métaphysique, l'éclectique conclut que tout le monde a tort ou raison dans le détail, que le vice commun est de suivre la logique en un sens exclusif et de trancher les questions capitales, mais que la vérité se trouve dans tel choix que le philosophe peut faire entre les opinions qu'il trouvera distribuées dans différents systèmes, sans en embrasser aucun.
RF.xorvrnn. — Prohlùmes niétaphys. 27
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C'est dire qu'on ne pose point de principe qui oblige, et que, si l'on en pose un ou [)lusieurs. capables de s'étendre à d'importantes suites de conséquences, on ne s'engage pas k suivre les raisonnements jusqu'où ils vont; car autreuient récleclisme ne serait pas, une fois le choix fait, une doctrine d'une autre nature que les autres, et diiréremnient construite en somme, (rest avouer aussi que, si l'on n'établit [uis certaines thèses de grande portée, avec une niélhode à huiuelle on s'assujétisse pour accepter ce ([u'elles im[)li(]uent. et i)our nier ce qu'elles contredisent, on ne [)ossède non plus aucun moyen de relier logiquement les Ihèscs dont on compose, nous allions dire le système (|u'on adopte: mais il n'v a i)asde svstème. dans le sens méthodique, irrécusabh» du mot, il n'y a pas de logiqnr pour l'éclectisme. Le fondateur de cette école le com[)renail ainsi, car il engageait ses disciples, à se dé/ier df la /of/if/ne. Quand on envisage cette philosophie dérisoire sous le point de vue de la preuve, c'est-à-dire de la croyance raisonnée, le choix des vérités devenant arbitraire à tout autre point de vue (jne celui des convenances accidentelles de renseignement, on s'a[»er(:oit, non sans étonnement. qu'elle concorde i»vec le positivisme en un renoncement réel au traitement rationnel des questions transcendantes. Elle n établit pas de ses propi-es forces les principes, en psychologie, en métaphysique. C'est donc une espèce de scepticisme, la même, au fond, qu'il y aurait toute raison d'ainsi nommer dans le positivisme, qui renonce à la science transcendante pour le môme motif : celui de ne connaître pas un moyen rationnel de la fonder. Seulement, on sent bien que le positiviste nie l'objet de cette science, plutôt qu'il ne le met en doute, et c'est pour cela qu'oii ne l'assimile point aux sceptiques qui professent la simple ignorance : tandis que Téclectique prend ou laisse mettre
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