PLATON, LES IDÉES, LE DÉMIURGE
d'Aristote (IX), dont les pensées sont éternelles et immuables, tel serait le sujet décidées de Platon, et sous lui se placerait une intelligence seconde, Vlntelligence du ciel en acte, qui réside dans l'Ame du monde et lui commande.
Lorsque, à la recherche de l'idée de Dieu, selon Platon, on s'élève au-dessus du polythéisme du Timée, on trouve le Bien, Père des Idées, « supérieur à l'être et à l'essence ». Ce Bien est la même chose que l'Un éléatique, pourvu cette fois d'un nom qui désigne un attribut moral, mais sans le motiver. C'est le principe ultime, et le produit par excellence de la méthode réaliste, le véritable terme initial de la théorie des hypostases, telle qu'elle se constitua chez les néoplatoniciens venus après Alcinous (XIX). Ce n'est ni une personne ni un créateur, c'est l'Absolu, ou l'Inconditionné, pur principe indéfinissable d'émanation, antérieur à tout ce qui peut être dit intelligible.
La description de l'œuvre démiurgique porte, dans le Timée, up caractère de fiction très remarquable, en ce que le Démiurge, Dieu éternel opérant dans le temps, instituant dans le temps l'Ame du monde douée de motivement et de vie, ne crée cependant le temps qu'après avoir produit son œuvre. 11 voulut, dit Platon, la rendre aussi semblable que possible à son modèle, qui est un animal éternel, et, à cet effet, « il inventa une image mobile de l'éternité. Mettant l'ordre dans le ciel, il forma, sur le modèle de l'éternité immuable dans l'unité, limage de l'éternité marchant suivant le nombre; et c'est ce que nous avons nommé le temps ». On ne saurait mieux marquer que par une semblable contradiction la nature allégorique du rattachement du monde du temps au monde des idées où il n'entre rien que d'éternel. C'est que le passage de l'un à l'autre de ces mondes n'est que le symbole de leur rapport.
PLATON ET ARISTOTE
La théorie de l'âme de Platon est aussi étrangère à la notion de conscience, comme caractère constitutif à reconnaître à Fâme, que sa théologie (si l'on peut dire que Platon en a une) est étrangère à cette même notion quand on cherche l'idée de Dieu à la place la plus élevée, au-dessus des dieux éternels et du Démiurge. La critique spiritualiste a reproché à Platon, toujours loué pour sa doctrine de l'immortalité de l'àme, de n'avoir pas reconnu la simplicité de cette substance ; mais il aurait ainsi beaucoup diminué la portée des arguments immortalistes.La question est plus profonde, et il n'y a presque aucun rapport entre la psychologie de Platon et la psychologie moderne, spiritualiste ou non. L'âme est décrite dans le Jfwiec comme un composé physique, dans le sens de la physique pythagoricienne. La masse des choses visibles, mues désordonnément, est d'abord débrouillée par le Démiurge, qui opère la séparation de quatre éléments, formés de quatre solides géométriques réguliers dont les figures et les grandeurs doivent expliquer les phénomènes naturels. Deux essences incorporelles préexistaient, outre le chaos : l'une divisible et mobile, principe des changements sans règle ; Tautre indivisible, immuable, principe d'ordre et de raison. Le Dieu démiurge forme de ces essences une essence intermédiaire, puis, de ces trois, une combinaison dans laquelle le Même et VAutrey idées mutuellement opposées, sont forcées de s'allier. Il divise enfin ce mélange et en dispose les parties pour se rapporter aux parties du corps du monde en des proportions analogues à celles des nombres de l'harmonie musicale. La combinaison totale forme l'Ame du monde, grand animal qui renferme tous les animaux particuliers.
On ne voit, dans ce plan de psychologie universelle symbolique, rien qui ait rapport à l'établissement de la puissance mentale. Le nombre servant à qualifier l'idée,