‹ Histoire et solution des problèmes métaphysiques [microform];Chapitre 25 sur 148 · ARISTOTE : LA NATURE · texte numérisé non relu

ARISTOTE : LA NATURE

et qui lui succède. Ces définitions ont le caractère logique de termes applicables à l'expression des rapports réels, et toutefois d'abstractions réalisées, qui peut jeter de l'incertitude sur le genre d'emploi ou réaliste, ou purement logique, que le philosophe en fait pour l'explication des phénomènes. Mais la puissance et l'acte, la matière et la forme sont restés d'un précieux usage pour renonciation des rapports appartenant aux catégories de devenir et de qualité.

La vie s'introduit dans ce système logique en considérant la nature comme une puissance active, mue dans la direction du bien à travers les formes réalisées dans la matière. Ces formes constituent l'essence même de la nature qui repousse les formes contraires en s' avançant vers sa fin. Ce progrès universel ne dépend point d'une volonté et d'un dessein, mais d'une nécessité interne attachée à la matière, et des moyens qui sont donnés selon les temps ; il ne s'applique pas aux phénomènes sans de continuels désordres, et sans des attentes incessamment trompées, parce que la puissance dépasse l'acte et produit l'accidentel avec le nécessaire. De là l'existence du mal, mais en tout la nature vise au mieux (sv aTcacr'.v kd toj ês^T'lovo; opsyeffBat cpaasv TViV cpjTiv), La fin de la nature, Aristote a pu la définir, mais il n'a pas donné de raison pour qu'elle doive se réaliser aiitaîit que cela est possible. Était-ce de sa part une simple constatation fondée sur les innombrables cas de vérifications de la loi de finalité dans les phénomènes naturels, alors que, d'une autre part, l'existence des obstacles accidentels au bien est si visible ? ou bien a-t-il inconsciemment personnalisé la nature, dans sa pensée, comme il faisait dans son langage?

L'âme n'est pas, dans la psychologie d'Aristote, le suJ€(t du changement, une substance, une matière, mais 'la forme du changement, la forme du corps parvenanit à

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sa réalisation, à son acte sous un rapport donné. Elle fait la vie de Tindividu considéré sous ce rapport. C'est le sens de la définition célèbre : « L^àme est cet être, ou celte forme, du corps naturel qui a la vie en puissance. Et cet être est une entéléchie, l'entéléchie de ce corps. » Ces termes appuient sur un point capital : l'âme est la réalisation de la puissance donnée dans un corps organisé, la réalisation, non pas d un corps qui serait l'entéléchie d'une âme, mais d'une âme qui est l'entéléchie d'un corps. Cette définition remarquablement physiologique ne remonte pas jusqu'au principe d'où dépendraient et la puissance organisatrice donnée dans le corps, et le terme où parvient et s'arrête un organisme déterminé, sans pouvoir le dépasser. Elle ne touche pas à la question de savoir doù vient rame, si ce n'est pour la regarder, d'une manière générale, comme un produit de la nature ; mais elle tient de sa limitation même un caractère scientifique que n'a pas l'hypothèse des substances animées, données hors de leur

rapport à des corps.

La supériorité de la conception d'Aristote, sous cet aspect, se reconnaît à ceci, qu'il est à peu près indifférent de présenter l'histoire de l'âme ainsi définie, en termes qui supposent des âmes distinctes pour correspondre aux espèces de fonctions vitales que la nature nous montre divisées et réparties entre les espèces d'êtres vivants, végétaux ou animaux; ou d'user d'un langage compatible avec l'hypothèse de l'unité de l'âme, partout corrélative de l'unité de l'organisme. C'est qu'Aristote étudiait des fonctions, plutôt que des substances; il évitait par là les problèmes insolubles que soulève la méthode subslantialiste, ou du moins il ne rencontrait la difficulté la plus grave qu'au moment où, considérant celle des fonctions qui lui semblait se détacher de la nature sensible, l'intellect, il se croyait

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