‹ Histoire et solution des problèmes métaphysiques [microform];Chapitre 27 sur 148 · ARISTOTE : LE MOTEUR IMMOBILE · texte numérisé non relu

ARISTOTE : LE MOTEUR IMMOBILE

étranger à toute impulsion ou attraction matérielle, qui le rend capable de mouvoir ainsi que meut l'objet du désir. 11 ne faut pas demander non plus l'explication du système général des sphères, la définition de leurs rapports mutuels, la cause des anomalies et des désordres qui revêtent des formes nouvelles, innombrables, en descendant au monde sublunaire, enfin des vicissitudes de la génération et de la corruption ; et on ne sait s'il faut admettre en chaque sphère un moteur particulier, immobile, incorporel, éternel, ou si tous les mouvements célestes ont une cause finale unique dans Yacte pur, principe de la théologie. Ce qui est sûr, c'est qu Aristote reconnaissait la divinité des planètes comme une tradition de la sagesse antique, conservée et peutêtre plusieurs fois perdue et retrouvée à travers les révolutions des empires.

Il aurait appartenu à l'auteur d'un système du monde essentiellement fondé sur le principe de finalité de se poser la question de la cause du désordre régnant au centre matériel du monde céleste tout entier (comme il le croyait), en ce lieu de séjour de l'espèce humaine à la production de laquelle la nature terrestre semble avoir employé toutes ses ressources. Il lui suffisait de constater le défaut d'exacte adaptation des puissances de la matière à leurs fins, et, en d'autres termes, le mal, comme un fait, tout en qualifiant de parfait ce ciel, ce monde dont le plein a l'espace pour limite, et auquel, en son éternité, en son incorruptibilité, « rien ne manque de ce qui convient à sa nature et qu'il serait possible de trouver hors de son sem». Il n'entre aucun élément moral dans cette définition aristotélicienne du parfait [-zklvm], La fin que poursuivent les êtres de ce monde, ils ne peuvent comme individus l'atteindre. Dans leur ensemble, le mouvement qui les emporte implique une puissance des contraires qui contrarie plus

PLATON ET ARISTOTE

ou moins la poursuite de sa fin ^-s les actes Particuliers. Le progrès de la nature, action de - ^-'r qm tend au bien, est éternel comme la nature elle-même 11 serait contradictoire que la fin d'une marche éternelle fût atteinte.

Le progrès compris à la manière moderne, c mme s^opérant d'une manière continue dans la suUe de . temps, et portant sur Fensemble des choses, ou ne ralce que des hommes et des conditions humâmes, est une idée qui semble avoir été étrangère à l antiquité. L'idée du progrès politique dépend de 1 YO-eptK>n hellénique de la loi et de la législation, ou de la so ae é comme organisation de la cité par le consentemen d citoyens, et cette conception est le fondement de la eiJisation, dans le sens le plus élevé et le plu-^mP ^j^ par opposition à la civilisation matérielle des BarOa^^^^^^^ Létude de la politique devait être pour les Grec a recherche des moyens d'assurer la ^^r^^^^'^^^,'^'^ cité, une fois organisée, contre les attaques de Utran ^ev^ la guerre entre les nations étant le danger constamment présent, et mortel dans 1- PerspecUves de défaite, en même temps que regarde, non sans de grandes apparences, comme le digne exercice des plus vives qualités natives de Fanimal humain, - ensuite de pourvoir à la défense de l'ordre intérieur, toujours exposé aux révolutions qui naissent des passions des citoyens, de leurs rivalités, de l'avarice, de 1 ambition et de renvie, de la lutte des classes, et qui compromettent la liberté, essence du gouvernement civil. Les passions ne semblaient pas aux philosophes de l antiquité séparables de la nature humaine, et ils ne pensaient pas que la vertu politique des citoyens pût en dominer les etîets, ou la science du législateur les rendre inoffensifs Si un penseur admettait cette dernière possibilité (VI) c'était à la condition d'établir le gouverne-

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