CHAPITRE XIX
LES HYPOSTASES DE Pl.OTlN
Les premiers auteurs, apr5s Philon, d'une Ihéoriede l'émanation et des hyposlascs admirent, comme 1 avait fait Platon, un principe matériel, et l'éternité du monde : celle-ci tout au moins vraisemblable, chez eux, à cause du caractère symbolique de la démiurgie. Ces philosophes furent "donc des dualistes, et Ammonius Saccas, fondateur de l'école néoplatonicienne, Plotin, qui en fixa la doctrine, ne parvinrent pas, comme ils l'auraient voulu, à justifier leuroptimisme par la perfection du monde, tel qu'ils le concevaient, c'est-à-dire, eu dépouillant la matière de tout caractère positif ; car la descente de l'être par voie d'émanation, et son retour possible à son principe, après les vicissitudes de la vude l'âme, ces termes, premier et dernier d'une loi nécessaire, répondent à une conception qui pose a pnori la contrepartie du bien. Le mal est impliqué : 1° à l'origine, en ce que le Bien est le premier principe, que l'Être est ce qui déchoit et s'oppose, et que ce fait constate par lui-même l'introduction de la contradiction pour constituer le monde ; 2» dans l'ensemble des êtres, en tant que placés dans des conditions de plus ou moins grande déchéance, par le fait de vivre seulement, c'està-dire d'être limités par une matière dont la nature. quoique négative, est symbolisée par les ténèbres et fait obstacle à l'alTianchissement de l'àmc. La carrière donnée à parcourir à l'âme a, comme celle du monde brahmanique et du monde stoïcien, - quoique ce ne soit pas lace qui attire le plus ordinairement l'attention dans le néoplatonisme, — un caractère évolutif et pe-