LES HYPOSTASES DE PLOTIN
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riodiqiie. Plotin admet la doctrine que les anciens nommaient de la grande année, suivant laquelle le monde revient à son principe, en ressort, et se renouvelle, à de longs intervalles astronomiques. Il croit qu'il est donné à des âmes de rentrer temporairement, par l'extase, à certain moment d'une vie sainte, dans l'âme universelle dont elles émanent, et de s'élever même plus haut, jusqu'à FUn pur, première hypostase ; mais celleslà sont singulièrement favorisées, et le monde, suspendu entre ses limites supérieure et inférieure, ne peut réaliser le Bien ni en lui-même, ni dans rien qui lui ressemble, hormis à ce point de départ ou d'arrivée dont l'idée s'atteint par l'état mental que les indiens ont nommé le véhicule de la délivrance.
Le néoplatonisme ne pouvaitpas plus que le stoïcisme, et nul système d'émanation et de résorption des phénomènes ne doit être admis à motiver, sur le monde, un jugement optimiste; ou du moins c'est un acte personnel et voloataire de satisfaction, et qui est contradictoire, dans le renoncement, que d'accepter comme une bonne et belle destinée universelle un cours éternel des choses où l'ordre et le désordre, les joies et les douleurs, la vie et la mort forment un si misérable tableau qu'on ne trouve rien de mieux qu» d'imaginer l'univers ramené au néant dans son état final, le même où il était avant qu'il commençât d'être.
Il semble que, fidèle à la première exigence de l'idée d'émanation, d'après laquelle l'émanant, pour ne pas déchoir lui-même, doit ignorer l'émané, Plotin aurait du chercher une raison de vivre pour le monde, indépendamment de toute action efficiente de son principe et, par exemple, en n'attribuant à celui-ci que la cause finale au cours de la période de retour des êtres descendus. Mais au lieu de suivre en cela la doctrine d'Aristote, il se jeta dans une contradiction qui fit de son
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LA THÉOLOGIE NKOPLAïONrCrENNE
LA TIIKORIE NÉOPLATONlCfENNE DE DIEU ET DU MONDE 13T
système im vrai panlhéismc. Sa troisième hypostase, FAme universelle, est supposée exister entière et indivisée dans chaque âme i)arlieulière qui en est émanée, et lésâmes individuelles ne sont ainsi que les phénomènes de l'universelle, car c'est cela seul qu'on peut comprendre pour allier les deux genres d'existence. De même, les Idées données dims les âmes, avec un rôle semblahle à celui des raisons séminales des stoïciens, remonteul à rintelligence, qui les possède en son unité, et existe tout entière en chacune de ses formes divisées et localisées du monde sensible. Le tout est dans chaque chose. L'Intelligence, identique à l'Être, remonte eulin au Bien, ou à FUn, au-dessus de TÉtre, sans attribut et, à vrai dire, sans nom, car ce nom lui-même, l'Un, comme corrélatif du multiple, ne lui convient plus. Une définition négative est la seule qui convienne à l'acte absolu, où finissent tous les rapports.
Le dernier mot du néoplatonisme est une délinition commune donnée à la puissance indéterminée, qui est la matière des phénomènes, néant placé à l'extrémité de la descente de l'Être, et à la puissance indéterminée, autre néant, origine et essence de toute existence réelle. Chacun de ces concepts est, en tant que réalisé, contradictoire à lui-même. Le premier aflirmc ce qu'il nie, le second nièce qu'il aflirme : l'un, la nuitière, fournit, à titre de condition de toute chose sensible, la détermination de tous les objets de la nature ; l'autre, l'acte suprême, écarte par définition toute qualité par la pensée de laquelle il pût devenir intelligible comme sujet en soi, et il est, en son rayonnement, la source unique des êtres et leur providence universelle. Ainsi le terme logique de la spéculation réaliste, au sommet de la généralisation ascendante de l'être, et à sa base, est la réalisation du néant.