SYSTÈME T>E LA BIOLOGIE
port dynamique, c’est-à-dire comme apte à agir et comme agissant effectivement. D’apres ce principe, applicable à l’étude de tout être actif, la biologie se divise nettement en biologie statique et biologie dgnamique. Mais l’être vivant ne saurait être entièrement conçu si on ne 1 envisage pas dans ses rapports avec le monde extérieur. L importance de ce dernier point de vue, si bien sentie par M. de Blainville, mais seulement envisagée, par cet éminent biologiste, relativement à la physiologie, doit donner lieu à une rectification essentielle. U est tout d’abord évident que l’étude des milieux dans lesquels vivent les êtres organisés doit précéder celle de ces êtres eux-mêmes, c està-dire qu’il faut procéder de l’extérieur à l’être vivant. Mais, pour arriver à l’appréciation des rapports, il faut préalablement avoir examiné les deux termes, l’être vivant et le modificateur. Je pense donc qu^ l’étude des infiuences réciproques doit arriver après l’étude complète de l’homme, et non entre l’anatomie et la physiologie, comme dans l’ouvrage de M. de Blainville. Je dois, en outre, remarquer que cette étude des infiuences réciproques comprend également la considération du double point de vue sialique et dyna-
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mique. Celle nouvelle manière de coordonner la science me parail la plus propre à embrasser l’ensemble des phénomènes, el la seule capable de préparer l’espril à l’élude des phénomènes sociologiques, terme des études sur la vie. 11 y a donc deux manières d’étudier les êtres vivants : ou bien on les envisage isolément tout en subordonnant cette élude à la notion des lois générales, ou bien ils sont étudiés dans leur rapport avec le monde extérieur. Du premier point de vue doit résulter la notion d’organisme et de vie ; du second on doit, par la relation des deux termes, arriver à la détermination d’un rapport.
L’ordre à suivre dans chaque section delà biologie devant être assujetti aux principes de la loi de classement, on doit tout d’abord concevoir la subordination de l’animalité à la végélalité; et, en anatomie comme en physiologie, il faudra reconnaître la stricte obligation de commencer, pour les animaux, par les organes de la vie végétative, principe qui n’est bien senti aujourd’hui que par quelques physiologistes, tandis que dans tous nos ouvrages d’anatomie c’est encore par l’examen des organes les plus spéciaux qu’on introduit les jeunes intelligences dans la biologie.
SVSTKMi: DK LA IJIOI.OGIK.
Celle déplorable aberralion de méthode, enlrelenue depuis longtemps par les classificaleursel les chirurgiens, s’opposerait de plus en plus à la "vraie conception de l’organisme, si on n’y portait un prompt remède. Les zootomisles devraient au moins se laisser influencer par les bonnes inspirations des praticiens médicaux, qui depuis longtemps ont reconnu la subordination générale de l’organisme aux divers états pathologiques de l’intestin. Qu’ils reconnaissent donc, comme les physiologistes, comme les médecins, la plus grande généralité des organes de la vie végétative, et la nécessité de commencer l’anatomie par l’étude de ces organes. On ne cesse de répéter, à propos de l’anatomie de l’homme, quele squelelleesl la charpente du corps humain, et que, par conséquent, c’est par le squelette qu’il faut commencer pour comprendre l’ensemble de l’édifice. A coup sûr, jamais comparaison n’a été plus irrationnelle. La charpente d’un navire nous donne une très-bonne idée de sa structure, de même que la charpente d’une voûte nous fait comprendre cette voûte ellemême; mais dire que le squelette du corps humain fait concevoir l’anatomie de l’homme, c’est accréditer une très-fâcheuse erreur. Certes, si la
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notion d’organisme et de vie était aujourd’hui pleinement établie, Userait indifférent de conclure à un organisme par l’une quelconque de ses parties, et encore dans l’enseignement y aurait-il toujours lieu à procéder d’une manière philosophique; mais il s’agit précisément aujourd’hui de faire comprendre l’organisme à ceux qui semblent le plus l’étudier, il serait donc absurde de repousser indéfiniment la seule chance de constituer solidement la statique des êtres vivants. Ce vice de méthode frappe davantage dans les traités d’anatomie comparée, etjil y est plus inexcusable; car le tableau général des êtres vivants, mieux que l’étude spéciale d’une espèce, était de nature à démontrer rigoureusement celte subordination. 11 est vrai de dire qu’un grand nombre de travaux d’anatomie comparée n’ont été exécutés que pour satisfaire simplement à de puériles exigences de classifications, et que souvent le point de vue comparatif y était extrêmement restreint. Je montrerai plus nettement, à propos del hisloiie de ce procédé, la singulière situation actuelle de celle partie de la biologie.
Quelque rigueur qu’on mette dans l’application de la loi de classement à la coordination générale
systkmr de la biologie.
de la biologie, il ne faut point perdre de vue l’aspect particulier des parties qui la composent, et la nécessité d’en tenir soigneusement compte. Quand on étudie l’ensemble de la philosophie naturelle, on s’aperçoit que chaque ordre de phénomènes s’y présente avec un aspect propre; et la conception systématique qui en résulte est seule capable de préserver l’esprit de cette aberration si commune aujourd’hui, traduite par la prétention de résoudre toutes les questions par la mathématique, par la physique ou par la chimie , selon que les intelligences ont été plus spécialement appliquées à la culture de l’une de ces sciences. Celle différence de point de vue n’exisle pas seulement entre une science et celle qui la précède ou la suit, elle s’observe encore pour une même science, suivant qu’on y envisage les phénomènes sous le rapport statique ou sous le rapport dynamique. Enfin, dans les sciences complexes, les différences sont même tranchées entre les divisions de la partie statique ou de la partie dynamique. En procédant en biologie des notions les plus générales aux notions les plus complexes, on constate facilement ces divers aspects. L’étude des éléments anatomiques, par exemple, est es-
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sentiellement dominée par le point de vue delà structure, tandis que la considération des appareils est subordonnée au point de vue dynamique. On voit donc qu’en tenant compte de la nature des éléments à coordonner et de la vraie destination de leur étude, on arrive nécessairement dans l’application d’un même principe à des ordres différents. Le plan particulier de l’anatom.ie générale ne peut être celui des organes et des appareils, et la même observation est à faire pour la physiologie et la théorie des milieux. A côté de l’ordre général est un ordre particulier qu’il faut respecter, sans que néanmoins la cohérence de l’ensemble de la biologie doive finalement en souffrir. Dans cette première partie de mon travail, il n’y a pas lieu à envisager le plan des différentes sections de l’anatomie et de la physiologie. Cette seconde opération résultera plus naturellement de l’examen historique que je dois consacrer à ces différentes parties ; je dois même avertir qu’il est des points particuliers de coordination qui ne peuvent trouver place qu’à propos de l’exécution des ouvrages relatifs aux diverses branches de la biologie.
MUYEKS DE LA BIOLOGIE
Abt. III. — Moyens de la Biologie.
La biologie s’organisant après la cosmologie, il faut, outre les procédés spécialement développés par sa culture particulière, recourir à tous les moyens d’observation résultés des sciences antérieures. Les principes de la classification des sciences permettent de systématiser, bien mieux qu’on ne l’a fait jusqu’à ce jour, les divers procédés de démonstrations.
L’observation directe, développée par tous nos sens et augmentée de tous les artifices que l’art des recherches met à notre disposition, comprend une série de renseignements qu’il importe de recueillir, en les assujettissant à une méthode déterminée : cette méthode, naturellement résultée de la loi de classement, doit conduire l’observateur, des phénomènes les plus généraux aux phénomènes les plcfs particuliers. Une telle manière de procéder est aujourd’hui bien loin d’être réglée; il importe cependant qu’elle le soit au plus tôt, pour que tous les travaux dispersés s’harmonisent, enfin, pour la démonstration de tous les problèmes importants de l’ordre biologique. Déjà la chimie a ébauché à cet égard un plan qui.
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sans être complet, est déjà assez consistant pour l’étude des propriétés des corps. Mais c’est en biologie surtout que ce plan doit se compléter par l’emprunt à la chimie elle-même des données essentielles sur la nature des corps qu’étudie cette science des êtres vivants. Donc, à propos d’un phénomène quelconque de l’ordre biologique, il faudra habituer les esprits à passer méthodiquement par des caractères de plus en plus compliqués. Les recherches de l’ordre mathématique seront les premières, elles comprendront les questions dénombré, de mesure, de forme, etc. ; puis viendront les observations de l’ordre physique, pesanteur, calorique, son, couleur, odeur, saveur J en troisième lieu, les recherches chimiques étendues jusqu’au degré organique viendront fournir à l’anatomie et à la physiologie proprement dites un ensemble de renseignements préliminaires, sans lesquels les recherches propres à la biologie elle-même ne sauraient
avoir aucun fondement.
L’emploi de l’expérimentation, placé théoriquement après l’observation directe et particulièrement développé par la physique, doit être assujetti aux mêmes princij>es. Il n’y a véritablement
MOYENS DE LA BIOLOGIE
aujourd’hui qu’une manière d’user de l’expérimentation : c’est d’agir directement sur les animaux xivants pour les modifier, et sans que le plus souvent les conditions de l’expérience soient nettement déterminées; tandis que les deux parties les plus importantes de l’application de ce procédé sont généralement mises de côté. Bien que l’expérience puisse directement servir à des questions d’anatomie, c’est néanmoins à la physiologie qu’elle prête ses principales ressources. Dans les dissections il est difficile de ne pas produire plusieurs modifications à la fois ; et bien souvent ces modifications elles-mêmes ne sont pas compatibles avec l’existence du sujet de l’expérience, deux cas très-défavorables à la précision des renseignements que doit fournir ce moyen. A côté des dissections il y a un champ fertile ouvert à l’expérimentation : c’est l’expérience instituée en dehors de l’être vivant, et destinée simplement à changer les conditions d’existence. Ici rien n’empêche de déterminer avec une extrême rigueur le changement produit. Mais le peu de culture accprdé par les médecins aux sciences préliminaires fait que peu d’expérimentateurs rempliraient aujourd’hui les conditions essen-
tielles. Du moment où une solide éducation scientifique aura convenablement préparé nos travailleurs, on se hâtera de profiter de ce vaste terrain d’expérimentation, très-propre à fournir d’indispensables données. La marche la plus convenable à suivre dans cet ordre de recherches sera de commencer par les conditions extérieures les plus générales avant d’arriver aux plus particulières. Il faut observer que ce genre d’expérimentation doit surtout être développé par l’étude de la théorie des milieux, dont il sera spécialement question dans la seconde partie^ de mon travail.
Enfin, il est un autre vaste théâtre d’expérimentation trop négligé par beaucoup de physiologistes et mal mis à profit par les médecins : c’est l’exploration pathologique, qui doit, dans la situation actuelle, être tournée tout entière à l’avantage de l’établissement de la biologie, sans laquelle toute grande théorie pathologique ne saurait en définitive se constituer. Les cas pathologiques convenablement choisis , bien mieux que les vivisections, peuvent, dans beaucoup de cas, servir à la démonstration des problèmes ; et il est à regretter que la culture prématurée de l’anatomie et de la physiologie pathologique ,
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considérées isolément, ait privé la science d un grand nombre de documents, qui n’auront une portée efficace que du jour où ces deux modes d’expérimentation seront étroitement liés par la méthode à l’étude de l’état normal. En faisant l’histoire de l’anatomie pathologique, !je montrerai les déviations dont la biologie souffre depuis longtemps à cet égard.
Après l’indication de ces deux premiers procédés, nous devons signaler la comparaison que la biologie a surtout consacrée, et à laquelle elle doit ses plus utiles recherches. Bien que ce dernier procédé, grâce aux efforts des derniers biologistes, ait eu déjà une grande efficacité, on peut cependant s’apercevoir que beaucoup d’anatomistes et de physiologistes comparateurs se trouvent aujourd’hui dans une étrange situation, en ce sens, que le travail même de comparaison, au lieu d’être considéré à titre de moyen, est aujourd’hui effectué sans but, et n’a d’autres résultats que de fournir des séries de descriptions sans arriver jamais à la conclusion essentielle, qui est la notion d’organisme et de vie.
La première remarque à faire, c’est que les tables de comparaison, bornées pour la plupart
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aux animaux, privent l’esprit des divers degrés de la végétalilé qui constituent la base de toute démonstration biologique faite par comparaison. Ce procédé ne peut avoir sa portée que tout autant que l’ensemble des êtres organisés y est embrassé dans la meme vue. Si une telle considération avait déjà prévalu , les anatomistes comparateurs ne seraient pas tombés autant qu’ils l’ont fait dans l’oubli regrettable de la subordination nécessaire de la vie animale à la vie végétative, ainsi que la méthode de leurs traités le laisse’voir. Une deuxième observation , relative à ces travaux, c’est que, à part quelques essais modernes, on y aborde la comparaison des organes et des appareils sans que préalablement cette opération ait porté sur les éléments et les tissus. 11 semble que depuis Bichat une telle obligation aurait dû être plus rigoureusement sentie. Quant à la méthode suivie dans les traités d’anatomie et de physiologie comparées, elle s’est ressentie, comme l’étude du type humain, de certaines inQuences particulières qui ont singulièrement retardé sa marche. Pour l’étude de l’homme, c’est l’art chirurgical qui a principalement maintenu la routine de la coordination
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actuelle des ouvrages qui s’y rapportent. Dans l’anatomie comparée, c’est l’art des classifications qui a malheureusement entretenu la prépondérance des organismes de la vie animale sur ceux de la vie végétative, et la culture isolée de ce procédé a également contribué à propager les vices de méthode que j’ai déjà signalés. Quoi de plus étrange, en effet, que de commencer la comparaison par les organes les moins généraux de la série des animaux ! Enfin, si nous arrivons à considérer l’aspect philosophique du procédé comparatif, nous le trouvons aujourd’hui traduit par une misérable dispute entre les zootomistes qui soutiennent que les animaux peuvent être rangés en série, et ceux qui le contestent. En rendant ici un public hommage à l’homme qui, dans le passé, a donné le plus d’intensité au procédé comparatif par l’institution théorique de la série animale, je suis obligé d’ajouter que Blainville, par suite du malheureux esprit théologique qui accompagna ses derniers travaux, a contribué lui-même à affaiblir l’importance philosophique d’une théorie que tant de médiocres attaques disputent encore aux jeunes intelligences. Pour la mémoire de Blainville, pour l’avenir de
la biologie, il est aujourd’hui urgent que la conception de la série s’offre dans tout son jour, afin qu’elle soit définitivement à l’abri de toute vaine opposition.
Croire que Blainville a eu la prétention de ranger chaque embranchement d’animaux en une série réelle d’animaux connus, dont chaque degré présente à tous égards une nuance en plus ou en moins suivant qu’on l’envisage par rapport au degré immédiatement supérieur ou à l’inférieur, c’est se faire une idée entièrement fausse de la fondation à laquelle Blainville a consacré une partie de son existence.
La série animale, à part la démonstration concrète qu’elle comporte, doit être considérée comme un artifice de logique à l’aide duquel on peut faire l’analyse d’un organisme quelconque. Que deux animaux soient réciproquement inférieur et supérieur suivant qu’on les compare à divers points de vue, peu importe à la notion de série, et tous les cas spéciaux invoqués pour la trouver en défaut ne peuvent lui ôter son aptitude philosophique.
C’est principalement de la part de ceux qui prétendent le plus faire de l’anatomie comparée
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que YÎennent encordes oppositions. Or, je le demande, que devient la comparaison en biologie si elle se réduit à l’examen des spécialités de chaque cas isolé, au lieu de s’attacher, dans une suite de cas analogues, à démontrer' ce qui réellement est commun à tous? chose oiseuse à mettre en problème si on repousse d’abord la possibilité d’une comparaison très-proloiigéed’une suite decasanalogues, où le sujet se modifie par une succession continue de dégradations presque insensibles.
En un mot, renier la conception théorique de la série, c’est se priver du plus puissant moyen de comparaison ; et, loin de rechercher les petits cas qui la mettent en défaut, il faudrait plutôt éliminer les animaux qui ne s’y accommodent pas et imaginer ceux qui peuvent la compléter.
Mais si nous examinons les cas qui entretiennent la dispute, pense-t-on qu’ils soient de nature à mériter une attention sérieuse, même à titre de recherche particulière? Je le conteste ! Les hommes qui attaquent la série nous ont donné la mesure de leur portée philosophique enprenant pour guide de leurs recherches cet anatomiste tant vanté qui a si incomplètement senti la subordination de la vie animale à la vie végétative, et dont le
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médiocre esprit de généralisation a eu la singulière vision d’un animal réduit aux appareils de ]a vie de relation, et pouvant eaîîsier ainsi momentanément (t). Quand on viole à ce point le principe de généralité dans un sujet qui en comporte si bien l’application, on ne peut jouir longtemps d’un grand crédit en biologie.
En attendant qu’une meilleure direction dans l’anatomie fasse voir quels sont les points fondamentaux de la comparaison des animaux, il faut répondre à ceux qui nient la série des animaux qu’il y a série réelle pour les organes et les appareils et que cela suffit pour les besoins de la comparaison. Quant au procédé lui-même, pour que son emploi soit facile et se vulgarise, il faut construire la série avec un petit nombre de types, qui, loin d’être inamovibles, pourront être remplacés par d’autres suivant les cas. Une connaissance précise des différents degrés appuyée par une saine philosophie permettra toujours à cet égard de faire un choix convenable pour toutes les démonstrations générales ou particulières que comporte la science des êtres vivants.
(I) Cuvier, Leçons d’anatomie comparée. Paris, an VIII, t. I, p. 18.
MOYENS DE LA BIOLOGIE
A côté de ces moyens principaux, je ne dois pas omettre le procédé de la nomenclature dont le type fondamental est fourni parla numération parlée, et dont le développement moderne des connaissances chimiques a donné une si belle application. Sans former ici l’espérance utopique de voir un jour la biologie servie par une nomenclature aussi parfaite et aussi efficace que celle de la chimie, cependant un tel moyen peut y présenter assez d’intérêt pour qu’on doive en étudier la juste application. C’est dans la mathématique et la chimie qu’il faut eu étudier les véritables principes ; et, de même que les chimistes empruntent à la biologie le procédé de la comparaison pour ranger les corps en familles, de même les biologistes, dans l’emploi de la nomenclature, doivent, le plus possible, se rapprocher des types préliminaires. On se conformera de cette manière à celte règle formulée par M, A. Comte (1), qui prescrit que «chaquegrand artificelogiquedoit être directement étudié dans la partie de la philosophie naturelle qui en offre le développement le plus spontané et le plus complet, afin de pouvoir être ensuite appliqué, avec les modifications
(I) Coxirsrle philosophie positire, t. III, p. G4.
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convenables, au perfectionnement des sciences qui en sont moins susceptibles. »
Dans la partie consacrée aux développements particuliers de chaque procédé, j’étudierai avec détail les modes d’application de la nomenclature.
Je termine ici l’exposition des notions purement théoriques dont je vais aborder la démonstration. Néanmoins la seconde partie de mon travail, essentiellement entreprise en vue d’une systématisation, ne saurait se réduire à une simple relation de faits ; on doit prévoir, au contraire, qu’à propos de l’histoire de chaque partie de la biologie, je serai naturellement amené à des compléments théoriques plus spéciaux dont j’ai dû dégager cette première partie.