‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 101 sur 296 · LIVRE V. — INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LIVRE V. — INTRODUCTION

3° (L. Il, c. xix) : « Ce piédestal (placé devant le temple) est une offrande de Danaüs, qui a aussi placé, non loin de là, deux colonnes en bois, comme statues de Jupiter et de Diane. » Pausanias fait souvent mention de statues posées sur des colonnes, entre autres à'une ancienne statue de Junon sur une colonne, quon voyait dans le vestibule du teiiyile de cette déesse, à Mycènes. (L. Il, c. xvii.)

4“ Voici enfin un passag'e où il est question d’une colonne de l3ois que l’on croit avoir appartenu à un temple :

(L. V, c. xvi) : « Le temple de Junon est d’architecture dorique; une colonnade règ'ne tout à l’entour, et des deux colonnes de l’opisthodome, il y en a une qui est de bois de chêne. Ce temple a G3 pieds de long’ueur; on ne sait point qui en a été l’architecte. »

Selon l’interprétation que l’on donne à ce laconique passag’e, les deux colonnes du posticum, l’une de pierre, l’autre de bois, auraient ég’alement supporté un entablement en pierre. Au point de vue de la construction comme au point de vue de l’art, un tel état de choses est inadmissible; ce passag’e ne saurait se traduire avec un crayon d’architecte. Les fautes de copiste ne sont pas rares dans les anciens manuscrits, et nous aimons mieux croire à une faute de ce g’enre que de supposer un architecte g’rec coupable d’une telle monstruosité. D’ailleurs, Pausanias ne dit pas le moins du monde que cette colonne de bois provenait de l’ancien temple, ni qu’elle fit pendant à une colonne dorique, en pierre, et supportât le même fardeau. Ne pouvait-elle pas être conservée dans le temple au même titre que les statues de bois? Celles-ci avaient naturellement leur place dans lesanctuaire; lacolonne, respectable comme vieille relique, mais n’ayant point au même deg’ré le caractère sacré, a pu être relég’uée dans le posticum. Il est même probable que cette colonne était fort analog’ue aux colonnes votives de Danaüs, et surtout à la colonne placée dans le vestibule du temple de Junon, à Mycènes. Quoi qu’il en soit, on ne saurait l’admettre comme support dans un édifice entièrement construit en pierre.

Nous ne saurions mieux terminer cette introduction que par la citation suivante :

« Un événement des plus mémorables, la bataille de Navarin, nous

ouvrit les portes de la Grèce, fermées à la civilisation depuis environ quatre siècles, de la Grèce, où ne pénétra jamais aucun de ceux qui furent à eux tous la Renaissance, ni Léon-Baptiste Alberti, ni Brunelleschi, ni Donalello, ni Ghiberti, ni Léonard, ni Michel-Ang'e, ni Bramante, ni Palladio, ni Vig*nole, ni Raphaël. Une victoire, qui semblait n’être que la prise d’une flotte et qui était l’affranchissement d’un peuple moderne, allait de plus nous conduire à la découverte du véritable art antique, à régénérer l' architecture et la statuaire. « (Charles Blanc, discours de réception à l’Académie française.)

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