‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 107 sur 296 · LIVRE V. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE V. — CHAPITRE II

l’amitié des nations commerçantes. Les autres rois lui ayant déclaré la g*uerre, il prit à sa solde des auxiliaires qu’il tira de la Carie et de l’Tonie, vainquit les rois ses rivaux et devint maître de tout l’empire (1). »

« Psammétichus fît présent aux Ioniens et aux Cariens qui l’avaient si bien servi de diverses portions de terrain situées vers la mer, un peu au-dessous de Bubaste... C’est seulement depuis l’époque de leur établissement en Eg’ypte, ajoute Hérodote, que nous autres Grecs, dans nos relations commerciales avec eux, avons pu nous instruire exactement, par leur secours, de l’histoire d’Eg'ypte, etc. (2). »

Sans doute, les Grecs auront pu s’instruire aussi sur beaucoup d’autres choses, particulièrement sur l’art de construire des temples plus imposants que leurs vieux sanctuaires bâlis à la mode toscane.

La date de l’avénement de Psammétichus, et par conséquent de l’établissement des Grecs en Eg-ypte, remonte à l’an 664 avant notre ère. Or, le temple de Diane, à Syracuse, visiblement moins ancien que le temple primitif de Sélinonte, est nécessairement postérieur à la fondation de cette dernière ville, laquelle remonte à l’an 651, treizième année du règme de Psammétichus. Il ne faut donc s’étonner ni du parallèle que nous allons établir, ni de son résultat.

Nous avons déjà cité, en traitant de l’Eg’ypte, un petit temple érig*é à Thèbes, au xix” siècle av. J. -G. par Thouthmosis III. C’est un pseudodiptère liexastyle à portiques entièrement formés de piliers carrés au lieu de colonnes. Cet édifice a été proportionné suivant le plus g’rave des modes ég-yptiens, qui consiste à diviser la hauteur totale en six parties, dont quatre données au support et deux à la chose supportée. L’entablement se subdivise en deux parties ég’ales : l’une pour l’architrave, l’autre pour la corniche.

Le temple de Diane, à Syracuse, n’ayant malheureusement conservé de son entablement que l’architrave, il faut nécessairement, dans notre parallèle, faire abstraction de la corniche. Voici les cotes du duc Serra di Falco : hauteur de la colonne, 32 palmes ; hauteur de

(1) Diodorc de Sic., liv. I, chap. lxVi.

(2) Hérod., liv. II, ckap. cxiv.

l’architrave, 8 palmes (1); 8 étant à 32 comme 1 est à 4, les deux modes sont parfaitement identiques.

Le chapiteau du temple de Diane est aussi lourd que celui du temple F, mais il est moins saillant. Comme caractère de postériorité, nous sig-nalerons la suppression de labag'uette étrusque (2), qui ne doit plus reparaître, et l’apparition des cinq annejets ornant l’échine à sa jonction avec le fût. Cet ornement ajouté au chapiteau étrusco-g'rec nous paraît emprunté àTÉg-ypte. Les Ég*yptiens, longtemps avant les Grecs, ornaient leurs colonnes de cinq annelets imités des bandelettes sacrées enroulées au sommet des colonnettes de bois.

(1) Antichità délia Sicilia. Le palme sicilien est égal à 0“,2o7.

(2) Cette baguette, chez les Étrusques, est l’origine de l’astragale si longtemps en usage et transmis aux Romains.

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