‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 117 sur 296 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

l’ordre dorique, cinquième époque. MODE IIEX AMÉTRIQUE PAR- FAIT. LE TEMPLE DE MINERVE, A SYRACUSE. LE GRAND

TEMPLE DE PyESTUM.

Le mode liexamétrique que nous appelons parfait pour le disling’uer du mode liexamélrique primitif était fort en usag’e, dans la haute antiquité, chez les Eg’yptiens et chez les Grecs.

Les premiers avaient plusieurs modes, ainsi que nous l’avons expliqué en traitant de rarchitecture ég’vptienne. Pour les édifices religieux ayant des portiques à colonnes, le mode le plus g’ravc était l’hexamétrique. Dans les très-anciennes constructions ég’yptiennes, l’architrave et l’abaque du chapiteau étant taillés dans un seul et même hloc, l’usag'e de considérer l’ahaque comme partie intég’rante de l’architrave, et par conséquent de l’entablement, s’est perpétué dans les àg-es suivants, bien que le système de construction fût modifié et que cet usag'e n’eût plus sa raison d’être.

L’entablement, comprenant l’abaque, a invariablement deux modules de hauteur, et la colonne, quatre modules. Ce système de proportion, nous le répétons, est d’une extrême simplicité ; toute la partie carrée de l’ordre a juste la moitié de la partie circulaire. C’est ce que les Grecs, après une étude plus approfondie des choses de l’Eg’ypte, ont fini par comprendre.

Le temple de Minerre, à Syracuse.

(( Minerve était chère aux Syracusains à l’ég’al de Diane. Gomme son temple se trouvait dans l’île, on a été conduit à donner le nom de

lo

Minerve à des ruines considérables qui existent encore. Ce temple a été converti en ég'lise chrétienne et consacré à la Vierg*e , ce qui laisse croire qu’il était jadis consacré à la vierg-e du pag’anisme (1). »

Son plan ressemble beaucoup à celui du temple de Junon Lacinienne; il est liexastyle avec quatorze colonnes latérales. La cella avait aussi un pronaos et un posticum ; mais la conversion du temple en ég*lise ayant fait disparaître toute espèce de détail intérieur, il est impossible d’affirmer s’il y existait un sanctuaire couvert, comme dans les plus anciens temples, ou deux rang-s de colonnes comme au g-rand temple de Pæstum. Comparé à ce dernier, les colonnes sont plus serrées, d’un plus fort diamètre, moins diminuées à leiu‘ sommet, et n’ont que ving’t cannelures. Le chapiteau est trop g-ros et mal proportionné. Enfin, d’après le dessin du duc Serra di Falco, l’aspect de la façade est g-énéralement lourd.

Nous croyons cet édifice le plus anciennement conçu dans le mode liexamétrique parfiiit; mais nous ne le citons le premier que pour observer l’ordre chronolog’ique, car il est loin d’être le plus complet et surtout le mieux conservé. Nous n’en dirons donc que quelques mots, réservant nos développements pour un meilleur spécimen.

Sa corniche n’ayant point échappé à la destruction, nous sommes forcé de prendre le module sur la colonne et de donner à la partie détruite une cote approximative.

Voir, pour les détails, le tableau n“ I, pag-e 239.

Le grand temple de Pæstum.

Pæstum s’appela d’abord Posidonia, du nom de Neptune {Poséidon)-, c’était la ville de Neptune, comme Athènes était la ville de Minerve {Athênô). Il est donc très-naturel d’admettre que le plus g-rand et le plus ancien temple ait été consacré par la colonie g-recque à son dieu tutélaire. Cette somptueuse construction ne remonte certainement pas jusqu’à l’époque de la fondation de la ville par les Trézéniens. A Posi-

(I) IjCülr, llisl. de l’ul't (jrec, p. 73-74.

Page 1