‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 121 sur 296 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

CnAPIÏRE Y

Fig. 62. — Temple de Neptune, à Pæstum.

dents, les trois premiers ont un sanctuaire couvert abritant la statue; les deux derniers ont la même disposition, plus un posticum , et, bien que la cella soit élargne, n’ont point de colonnes à l’intérieur. On se demande avec surprise pourquoi, dans le temple de Pæstum, le sanctuaire couvert a disparu juste au moment où l’on imag-inait de faire des portiques dans la cella. Aurait-on reconnu l’inutilité d’abriter la statue ? Ce n’est pas probable. Il faut donc chercher une autre raison.

Nous croyons que les portiques intérieurs ont été imag*inés d’abord afin de rétrécir la cella au point de pouvoir en couvrir une partie avec les moyens d’exécution, très-primitifs, alors en usag’e. Ensuite, les portiques pouvant abriter les offrandes, cette double fonction des sanctuaires devenait complètement inutile ; on supprima les sanctuaires.

Il nous reste à expliquer le moyen d’exécution.

La nef milieu de la cella étant moins larg-e que le portique d’entrée, le plafond était chose facile. Mais, à cette époque, la couverture opposait une difficulté : il fallait d’abord trouver un point d’appui pour le faîtag’e et, comme nous le disions tout à l’heure, fort long*temps avant l’invention des fermes. Eh bien, le moyen d’exécution a pu être tout simplement emprunté aux Etrusques, voisins de Posidonia, et c’est peut-être pour cela que nous trouvons ce prog’rès à Pæstum plutôt qu’en Sicile.

Les temples toscans, selon Vitruve, avaient sur la façade des colonnes très-écartées, et l’architrave, en bois, supportait un petit mur en maçonnerie, plus le fronton recevant le faîtag’e. Dans le cas qui nous occupe, la larg“eur à couvrir, étant ég’ale à trois diamètres et un huitième , est proportionnellement moins larg-e que l’entre-colonnement toscan. Cependant, on pourrait objecter qu’ici l’exécution est sur une plus gæande échelle. Mais, à la maig-re architrave étrusque substituons un robuste poitrail, et nous aurons une force suffisante. Le faîtagæ du temple de Neptune, d’une gTosseur exag*érée, devait, d’après les entailles cotées, avoir au moins 75 centimètres de hauteur. Il n’en faudrait pas plus pour notre poitrail; il serait même presque aussi haut que le petit tympan en maçonnerie.

Page 1