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CHAPITRE XL

était antérieur ou contemporain du Parthénon, nous répondrons que celui-ci était déjà en cours de construction en 444 et fut terminé peu de temps après, tandis que le temple de Jupiter n’était point achevé lors de la destruction de Sélinonte en 409. On n’a même aucune preuve qu’il soit antérieur à cette date. Enfin, il est fortement entaché de faux archaïsme et pourrait bien appartenir à l’époque romaine.

Callicrate et Ictinus (1) furent donc charg-és de créer un g’enre qui permît de réaliser toutes les conditions imposées par le nouveau programme. Une de ces conditions a peut-être plus que toute autre contribué à l’adoption d’une façade octostyle. Le temple que Périclès faisait construire devait avoir cinquante pieds de plus que l’ancien et se nommer Y llécatompédon .

« Stuart, après lui M. Leake, et récemment M. Penrose, ont pensé, tous les trois, qu’il fallait chercher les cent pieds sur la façade. Ce qui a fait naître l’opinion de ces architectes, c’est qu’au temps de Périclès un temple octostyle était une innovation et un agrandissement merveilleux du dorique ordinaire. Jusque-là les temples étaient hexastyles. Ils croient donc que l’admiration publique avait consacré cette proportion nouvelle par un nom qui en rappelait la mesure (2). »

Nous ferons observer que le parti pris de donner cent pieds à la façade du Parthénon a nécessairement précédé Y admiration publique et doit avoir une autre raison d’être. Le système métrique fut un des premiers emprunts faits à l’Egypte par les Grecs. Ce système a encore aujourd’hui pour étalon non-seulement la hase de la deuxième pyramide, mais encore et surtout la hase de g’ranit de la pyramide de Mycérinus; nous avons prouvé qu’elles sont, l’une et l’autre, parties aliquotes de la circonférence de la terre. N’est-il pas permis de supposer que les Athéniens, qui prétendaient être le principe de toutes choses, ont imaginé d’avoir aussi un étalon de la mesure du globe? Et ce afin de faire croire qu’ils avaient eux-mômes mesuré exactement le ciel et la terre, tandis qu’ils n’ont fait que changer le nom du pied égyptien en l’appelant /«'cf/ grec.

(1) Selon Plutarque, Vie de Pcriclés.

(2) Beulé, l’Acrop. d’Ath., t. Il, p. 13, IL

La façade du Parthénon, mesurée sur le troisième g*radin (1), est précisément la septième partie de la base de la deuxième pyramide, laquelle a quatre cent coudées royales ou sept cent pieds de base. La pyra-» mide de Mycérinus ajuste la moitié de cette mesure (2),

Les façades latérales du Parthénon ont très-exactement 225 pieds, c’est-à-dire quelles sont avec la façade principale dans le rapport de 9 à 4. Le diamètre des colonnes, à leur base, a juste six pieds grecs, ou la centième partie du stade égypto-olympique (6 pieds grecs = 1™, 85185 ).

L’ordonnance octostyle devait nécessairement conduire à l’adoption d’un nouveau mode ; l’heptamétrique même eût été impuissant à lui donner la forme convenable à son développement. On dépassa donc d’un module, et même un peu plus, la proportion des colonnes du temple de Jupiter, à Olympie, et l’on créa un mode intermédiaire entre l’heptamétrique et l’octométrique. Dans ce nouveau système, Tentablement, y compris l’abaque, a toujours deux modules ; mais la partie circulaire de la colonne a cmq modules et demi de hauteur, ou, avec plus de précision : 5 modules 558 millièmes.

Le diamètre des colonnes dépasse le module de deux centièmes.

Les colonnes d’angle sont augmentées à leur base de 1/45°.

La proportion des colonnes, y compris l’abaque, est de 5 diamètres et près de 2/3 (5 diamètres 637).

La cote d’axe en axe des colonnes est de 2 modules 368 millimètres, un peu plus de 2 modules 1/3, ce qui donne à l’entre-colonnement 1 diamètre 348, c’est-à-dire un diamètre et un tiers, et non un diamètre et demi, selon la règde de Vitruve. (Voir, pour plus de détails, notre tableau synoptique n“ 3, page 272.)

Les nouvelles études faites sur le Parthénon ont soulevé plusieurs

(i) La cote de M. Penrose, prise sur le troisième gradin, ne dépasse les cent pieds que de I millimètre; celle de M. Paccard, prise au pied du même gradin, est, au contraire, de

11 millimètres en deçà. Le pied égypLo-grec, 600“ partie du stade, est de. . . . 0™,308G42

100 pieds, par conséquent , i= 30“,8642

Cote de M. Penrose 30“,8632

Différence 0“,001

(2) Voir, pliK haut, liv. II, chap. iii.

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