CHAPITRE XI
« dations devait dépendre de la config'uration du roeher. Ainsi, à (( r angle sud-est, les fondations ont une très- grande profondeur . J’ai fait « fouiller jusqu' à plus de dix mètres sans trouver le rocher. »
Nous ferons observer que ces fondations hétérog’ènes constituent ce qu’on peut appeler hardiment un vice de construction. Ce n’est point ainsi que les g’rands maîtres en l’art de bâtir ont procédé. Les Romains faisaient les fondements de toutes leurs colonnes en pierre dure d’un grand appareil. Ils n’eussent point admis que l’on pût asseoir une colonnade tantôt sur un roc immuable, tantôt sur une maçonnerie susceptible de tassement. Au Partbénon, qu’en est-il résulté? C’est encore M. Paccard qui va nous le dire :
mveau pruruti[ c(u temple
Coupe transversale sut le iruUeu du temple
Cdu.pc iUT* le çr<ïJv>i de la Ouest
Hord
Coupe li iurLa- Ja.çj.de eit jiirpdemcd tJT miyeiu, ieUr racciid.
Sud
Fig. 61.
(( Les fondations du temple se sont lég’èrement abaissées dans la n direction de l’est, et ce mouvement s’est fait de telle manière que « tous les g’radins de la façade de l’ouest vont en s’affaissant insensi- « blement vers le nord, tandis qu’au contraire ceux de la façade de « l’est sont parfaitement de niveau. Ainsi, si l’on prend pour point de « départ le sommet de l’ang-le formé au sud-ouest par le premier « rang* de g*radins, l’angde nord-ouest est en contre-bas de 0'",027 1/2, « et les deux autres ang*les nord-est et sud-est sont également en « contre-bas du point de départ de O^jObS. »
Pourquoi M. Paccard, sans doute sous l’influence de M. Penrose, prend- il ^ouv point de départ de son nivellement l’ang’Ie sud-ouest, C[ui est bien le plus élevé des quatre angles, mais non pas le point culminant? C’est qu’en opérant comme l’ont fait jusqu’ici les ingénieurs et les architectes, c’est-à-dire en prenant pour point de repère le véritable point culminant qui se trouve vers le milieu de la façade latérale sud,
on n’a à constater que des effets de tassement, et tout l’échafaudag'e de l’utopie de M. Penrose s’écroule.
Le point culminant B, selon M. Penrose lui-même, dont nous admettons d’ailleurs l’exactitude, est de 0”,086 au-dessus de l’ang'le le plus élevé, l’ang'le sud-ouest A.
La figure ci-dessus expliquera mieux les effets de tassement :
A, ])oint de départ MM. Penrose et Paccard; B, point culminant.
L’échelle de la figure est de 1 demi-millimètre pour mètre pour les longueurs et de 20 centimètres pour les hauteurs.
En résumé, le tassement s’est produit aux deux extrémités sur les deux façades octostyles élevées sur une maçonnerie neuve ayant un maximum de plus de dix mètres de hauteur, tandis que la partie centrale, primitivement aplanie pour recevoir l’ancien temple, qui avait cinquante pieds de moins en longueur, n’a éprouvé qu’un léger déversement vers le nord.
Gomment, dans cet état de choses, M. Penrose a-t-il pu trouver des courbes?
D’abord, M. Penrose est revenu à Athènes chargé par la Société des Dilettanti d’une mission : il lui fallait absolument trouver des courbes. Donc il a posé en principe, sans la moindre preuve, que les courbes étaient préexistantes aux effets de tassement. Puis, prenant pour point culminant un des quatre angles, il a considéré comme sommet de ses prétendues courbes de véritables points culminants.
Enfin, d’après les figures qu’il a tracées et rendues sensibles au moyen d’une énorme différence entre l’échelle des hauteurs et celle des long’Lieurs, il n’obtient qu’une ligne brisée, tortueuse, comme en produisent naturellement les tassements inégaux, une ligne ne ressemblant à aucune courbe ayant un nom.
Nous citerons, comme conclusion, ce passage du mémoire de M. Paccard (1) :
« On doit opérer avec une extrême précision, mais non se livrer à « des recherches avec la préoccupation de trouver, dans le monu-
(1) Page C. Bibliothèque do l’École des beaux-arts.