CHAPITRE PREMIER
l’ordre dorique romain ayant yitruye.
Tant que les Romains n’ont fait qu’imiter les temples doriques dt's Grecs, ils sont restés fort au-dessous de leurs modèles. Ce n’est pourtant pas une raison suffisante pour nég'lig’er l’étude de ces premiers essais. Il est utile de suivre la marche prog*ressive de l’ordre dorique romain, afin de bien comprendre les raisons qui font porté successivement à une complète transformation.
Tout était étrusque dans les temples romains, selon Varron, avant la construction du temple de Gérés (1). Or, ce monument, situé au bout du g’rand cirque, était consacré, à l’instar des temples ég'yptiens, à une triade. Celle-ci se composait de Gérés, Bacebus et Proserpine. La dédi cace fut faite par le consul Gassius, en l’année 491 avant notre ère. Les modeleurs Damophile et Gorg-ase, peintres ég’alement, ont orné l’édifice de leurs ouvragées dans les deux g’enres (2). Vitruve dit que le fronton de ce temple était orné de fig'ures de terre cuite, selon la mode toscane (3). Il est fort présumable que, selon la même mode, les architraves étaient de bols.
Le temple à antes fut connu très-anciennement des Romains. Selon Vitruve, «on en retrouvait un exemple aux trois temples de la Fortune (4) » .
(1) VaiToii , cité pai' Pliao, liv. \.\\V, eliap. m.v.
(2) Pline, id., ihid.
{'.]) Liv. III, chap. ii.
(I) Liv. III , cliap. I.
Le plus ancien temple romain consacré à la Fortune remonte à Servius Tullius, qui rég'na de 576 à 532 av. J. -G. (1).
Le second, consacré à la Fortune des femmes, fut érig-é en l’honneur de Véturie, femme de Coriolan (2).
Le troisième, à la déesse Fors Fortuna, fut construit par Papirius Cursor, le même qui dédia le temple de Quirinus en 293 av. notre ère (3).
Le plus ancien monument romain d’ordre dorique dont les ruines soient parvenues jusqu’à nous est le temple de l’Espérance, à Rome.
\ Il fut construit par le consul Aldus Attilius Galatinus, qui Pavait voué pendant la guerre qu’il fît en Sicile, Pan de Rome 496 (257 av. .L-C.). Cet édifice a été mesuré et dessiné par Ralthazar Perruzzi, puis publié par Serlio et par Labacco, évidemment d’après les dessins de Perruzzi. Des fouilles entreprises en 1808 ont mis à découvert le haut stylobate sur lequel s’élevait le temple. Il était tout entier de travertin recouvert de stuc.
La construction de cet édifice est postérieure de seize ans seulement à la conquête de la Grande Grèce par les Romains, conquête qui commença à favoriser l’introduction de l’art grec à Rome. Cet art se manifeste, en effet, dans la disposition générale et dans les proportions du temple de l’Espérance, mais non encore dans les détails.
Le plan offre un périptère bexastyle, c’est-à-dire ayant six colonnes sur la façade et onze sur les flancs, ce qui est conforme à la règle de Vitruve (4) L’entre-colonnement a deux diamètres, ce qui est la proportion systyle. L’entablement a presque le tiers de la bauteur de la colonne; la proportion de celle-ci est d’un peu moins de sept diamètres.
On s’était donc tout d’abord fort éloigaié des proportions grêles et des entre-colonnements aræostyles des temples toscans. On a conservé, toutefois, de l’ancienne manière, la frise sans triglypbes.
Le triglyplie, en clfel, ne paraît pas être un élément indispensable
(1) Denys (rilalic., liv. IV, clia[). viii.
(2) Tite-Liv(^ , liv. Il, clja|). xi.
(3) Ibid., liv. X, clia[>. xl\i.
(i) Liv. III, chap. I.