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CHAPITRE V

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Voyons maintenant quel fut en réalité l’homme dont Jean Goujon n’aurait été que le collaborateur.

Pierre Lescot fut abbé commenclataire de l’abbaye de Clag’uy, chanoine de FEg’lise de Paris, abbé de Clermont, et, successivement, conseiller et aumônier ordinaire des rois François 1", Henri II, François H, Charles IX et Henri III. Selon Ronsard, « il était doué d’un esjDrit naturel tellement séduisant, que François P" et son fils Henri voulaient toujours l’avoir à leur table, pour se procurer, en l’écoutaut, d’ag’réables distractions, et que, surtout, Henri H pi’éférait sa conversation à celle de tous autres personnages » (1).

Il obtint de François 1", en 1546, le titre de superintendant des bâtiments du Louvre, dont les fonctions le charg’eoient principalement « d’ordonnancer les payements à faire aux divers entrepreneurs charg*és d’exécuter les travaux » . Ni François 1", ni Henri II ainsi que ses fils, ne lui accordèrent jamais le titre d’architecte, titre, au contraire, qu’ils affectèrent de donner à Bullant, Serlio, Philibert et Jean Delorme, lorsqu’ils les nommèrent soit aux places de contrôleurs, soit à celles de superintendants des bâtiments de la couronne.

Il existe donc, comme on voit, quelques notions historiques sur Pierre Lescot. Il n’en existe point sur Jean Goujon; on sait seulement qu’il était protestant, secte fort persécutée alors. On a dit : « Les monuments sont l’histoire de ceux ciui n’en ont pas; » Jean Goujon était de ceux-là, mais son histoire est lisiblement écrite sur ses ouvrag’es, en architecture aussi bien cju’en sculpture.

La façade du nouveau Louvre, comme la salle des cai’iatides, est l’œuvre d’un seul homme. La sculpture y est si bien liée à l’architecture, qu’il serait impossible de supprimer les g’randes flgaires de l’attique, celles des œils-de-bœuf, ainsi cpie les sculptures de la frise du second ordre, sans tout g’àter. Cet ensemble harmonieux, où la statuaire prend une importance»' extraordinaire, a été évidemment conçu d’un seul jet, dessiné par la meme main. Cette alliance intime fies deux arts a enfanté un chef-d’œuvre d’un style nouveau, appartenant en

' I) llüiisard, cité pai' .M. CHIol , [i. (i(i.

HISTUIRE ET THEORIE DE L’AREHITECTURE.

LIVIIE VI.

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