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CHAPITRE V

l'iy. 71. — liétails do raiicienne entrée du clditeau d’KeiuuMi.

propre à un g^rand artiste français; et, si l’on tient à avoir une architecture vraiment française, il ne faut point la chercher ailleurs. Tout le inonde, en Europe, a fait du g'othique; personne n’a fait de l’architecture comme celle de Jean Goujon.

Un livre, publié en 1540 par Serlio, a exercé sur les archilectes de l’école française une influence incontestable, non par la valeur personnelle de son auteur, bien inférieure à celle de son maître, Balthazar Perruzzi, mais parce que c’est la première publication qui ait été faite des monuments antiques de Rome.

Serlio a été puissamment aidé dans cette entreprise par François 1", comme il le dit lui-même dans la dédicace : « J’ai eu la hardiesse de faire hommag'e de mon œuvre à un g’rand roi, parce qu’il m’a encourag’é l’année dernière, lorsque, par l’entremise de monseig’neur de Rodez, en demandant mon autre livre (1), Sa Majesté daigma m’accepter à son service, et ordonna libéralement que l’on m’envoyât trois cents écLis d’or pour que je puisse conduire le présent ouvragée à bonne fin. Alors, avec plus de courag’e, j’ai achevé l’œuvre commencée, et maintenant je l’offre à Sa Majesté. »

Jean Rullant, de retour de Rome en 1544, futcbarg’é l’année suivante, par le connétable Anne de Montmorency, de la construction du château d’Ecouen. Il publia d’abord, en 1547, des commentaires sur Yitruve; mais, dans une seconde édition qui ne parut qu’en 15G4, il a «aug’menté son œuvre de cinq autres g-enres de colonnes » ; or, ces cin(| ordres sont composés librement d’après d’autres principes que ceux deVitruve, et il y a ajouté plusieurs ordres antiques, dessinés par lui à Rome. D’aulre part, l’inscription de la salle des Cariatides, dont nous avons parlé, prouve que le Louvre n’a pu être terminé avant l’année 1518, huit ans après l’apparition du livre de Serlio.

Jean Goujon et Jean Rullant ont donc pu imiter quelques-uns des fragmients antiques publiés en 1540. Nous remarquons, en effet, au château d’Écouen , trois chapiteaux doriques divers évidemment faits d’après l’antique :

I) (tonton, 'inl les in;iUiéin;üi({nos et la perspective, publiées d’abord.

~ '• l)'*lnils du j)nrlii(U'‘ la cnin' du rlidtpau d Iv nupii.

1° Celui des deux colonnes de la belle porte à arcade, lequel est orné d’oves dans Téclnne et de rosaces dans le g*org’erin (1). Se trouve dans Serlio, livre IV, pl. 19 bis, tigaire A, et provient du forum Boarium.

2" Le chapiteau du premier ordre de l’ancienne entrée du château, démolie en 1787 (2), lequel est orné de raies-de-cœur dans sa cymaise, d’oves dans l’échine avec perles au-dessous, et d’un rang’ de feuilles d’acanthe sur fond de canaux dans son g’org'erin. Tous ces détails se retrouvent exactement dans Serlio, litre IV, jd. 62, fîg\ T.

3“ Le chapiteau des colonnes du maître-autel de la chapelle (3), lequel est orné de raies-de-cœur dans la cymaise , de g’odrons dans l’échine et de feuilles d’acanthe occupant toute la hauteur du g’orgœrin. Se trouve dans Serlio, sur la même planche que le précédent, fig\ X, et il a été ég’alement imité par Jean Goujon dans la salle des Cariatides (4).

Nous ne quitterons pas le château d’Ecouen sans parler de son remarquable portique tétrastyle corinthien. L’ordre entier a été librement composé d’après l’antique, et non copié; l’exécution est parfaite. C’est peut-être, en un mot, comme détails, ce que l’architeeture moderne a produit de plus beau (5 >.

La planche précédente en donne une idée.

(1) Baltard, Varh et ses monum., 180o, R'^ part., pl. 7. (Vuy. plus liant, 73.)

(2) Ibid., pl. 9. Deux de ces chapiteaux sont dans la seconde cour de l'Ecole des heaux-aits.

(3) Raltard, ibid., lU ]>art., ]il. II.

(4) Ibid., part., pl. 20.

(a) Voyez ibid., lU part.

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