CHAPITRE I
placent à la fin dn vin” siècle avant l’ère chrétienne, je remarque un bas-relief avec des colonnes qui ressemblent beaucoup a l’ionique par leur base et leurs petites volutes » (consultez Fouvrag’e de M. Botta, planche H 4) (1).
Nous adoptons sans restriction tout ce qui précède, sauf le dernier parag’rapbe, où Beulé nous semble pencher trop exclusivement du côté de l’Asie. Que les Grecs* aient emprunté à l’Asie les trèfles, les entrelacs, etc., il n’y a pas le moindre doute; on pourrait même y ajouter les méandres. Mais ce ne sont là que des accessoires sans conséquence, pouvant s’appliquer indifféremment à tous les ordres; ces ornements les enrichissent sans cbang’er aucun trait caractéristique. Quant au bas-relief du palais de Sarg*on, ré(|uité veut qu’on restitue à chacun ce cpii lui appartient. Nous avons consulté M. Botta à la planche indi(|uée, et nous avons reconnu tout d’abord que le monument représenté par le sculpteur assyrien est entièrement imité d’un temple ég’yptien. Il suffit pour s’en convaincre de le compai’er, pour l’ensemble, au petit temple périptère tétrastyle de l’île d’Elépbantine, lequel date du xviiV siècle avant notre ère. Les colonnes du bas-relief sont coiffées d’un lourd chapiteau composé de trois parties importantes superposées. Or, il existe en Eg’yptc des chapiteaux qui, sans être d’une haute antiquité, remontent cependant aux àg’es pharaoniques, et qui sont aussi composés de trois parties distinctes superposées, dont la principale est une tête de la déesse Ilathor. Vu la petitesse do la g’ravLire et le dessin va gaie du sculpteur, il est impossible d’apprécier les détails des chapiteaux de Ninive, mais l’ensemble a bien le même aspect que le chapiteau égyptien.
Loin de nous la pensée de contester aux Grecs l’invention de l’ordre ionique, mais enfin riiomme ne fait rien de rien. Dans l’orig’ine, à en jug’er d’après le plus ancien temple ionique encore presque entier de nos jours, ce n’est gaière que par le cliapiteau des colonnes que cet ordre diffère du dorique, et ce chapiteau tient principalement son orignnalité de l’idée préconçue de ne lui donner que deux faces opposées,
(I) Hist. d(> l'art grec av. Tér’iclvR, p. 223 à 231.
les côtés n’étant que la liaison des faces principales. Eh bien, cette idée mère, nous la trouvons en Eg-ypte dans les colonnes uniquement en usage pour les temples consacrés à la déesse Hatlior. Sous les Lagides, on fit ces chapiteaux à quatre faces, mais ceux des temps pharaoniques n’en ont que deux. Nous citerons entre autres le temple de Sedeïnga (1). Les colonnes de cet édifice sont couronnées d’une
tête de la déesse surmontée de son naos symbolique formant une espèce de tailloir, et le fût est orné de fines cannelures, au nombre de trente-six, reposant sur une plinthe circulaire. N’est-on pas tenté, continuant la mélaphore de Vitruve, d’appeler ces colonnes un ordre féminin? En effet, les cheveux de la déesse, « qui yendtnt en boucles à droite et à gauche, » seront, plus tard, « taillés en volutes « par les Grecs, et il semble qu’on ait multiplié les cannelures, afin d’imiter la finesse des tissus de lin de l’Ég’ypte et les plis nondjreux de la robe do la divinité (2,i?
(1) Lepsius, t. Il, part., pl. 1 lo.
(2) Vitruve, liv. IV, cliap. i : » Ils (les Grecs) taillèrent des volutes aux chapiteaux pour « représenter cette partie des cheveux qui pend par boucles à droite et à gauche... Ils firent « aussi des cannelures tout le long du tronc, afin d'imiter les [ilis des rolies. )>