‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 173 sur 296 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

on en pourrait conclnre que les eolonnes du temple de Samos avaient sensiblement moins de huit diamètres, d’autant plus que les colonnes du temple de la Victoire sans ailes, fort en progrès sur celles-ci, n’ont que sept diamètres et deux tiers.

Autre indice d’archaïsme : non-seulement les oves du chapiteau ont

Fig. 78. — Base du temple de Samos.

un caraclère primitif, mais la circonférence de l’échine n’en contient que vmg-l, tandis que plus lard ce nombre sera porté à ving-t-quatre, chaque ove correspondant à une cannelure. Ceci nous fait supposer que les colonnes, si elles étaient cannelées, ce qu’il est permis de

croire, devaient n’avoir que ving*! cannelures, probablement doriques comme celles du tombeau de Cyrène.

§ 3. — Les tombeaux de l’Asie Mineure.

Parmi les monuments cités comme prototypes de l’ordre ionique, les tombeaux taillés dans le roc, à Telmissus, ont une certaine importance. Toutefois, après un examen attentif, il est facile de reconnaître, parmi des détails d’un caractère vraiment archaïque, d’autres détails qui décèlent une époque relativement récente. Nous pensons donc que ces g’rottes ne sont qu’une imitation de tombeaux ou même de temples plus anciens. M. Tessier a fort bien remarqué que, dans l’Asie Mineure, on conservait systématiquement les antiques traditions en construisant les monuments funéraires.

(( C’est surtout dans les tombeaux, dit-il, que l’on peut juger de la variété du goût des différents Etats, et, en même temps, du scrupule avec lequel la forme primitive est respectée dans chaque royaume de l’Asie, jusqu’à l’avénement du christianisme. Ainsi les tombeaux des Phrygiens, qu’ils aient renfermé les cendres d’un Romain ou d’un Grec, sont toujours sculptés suivant le type du monument qui passe pour le tombeau de Midas, fondateur de la monarchie phrygienne.

(( Dans la Lycie, qui a toujours été régie par des lois particulières, les caractères de l’architecture sont encore plus tranchés. Les sépultures taillées dans le roc se distinguent en deux classes : celles qui paraissent être de style proprement lycien ou primitif, et dont la ressemblance avec certains tombeaux des anciens Perses n’est certainement pas due au hasard, et celles qui, également taillées dans le roc, sont évidemment dues à des artistes grecs, et construites d’après les principes de l’architeclure hellénique. Les magnifiques tombeaux de Telmissus sont de cette dernière classe, et l’on ne remarquera pas sans intérêt l’analogie qui existe entre la base des ordres ioniques et celle du temple de .limon, à Samos (1). »

(I ; Dc.'irr. lie l’A.fiii; Minenre , 1. I, Inh'oil., |>. xi.

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