‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 175 sur 296 · LIVRE Vil. — CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE Vil. — CHAPITRE

(( Ainsi, conclut Qiiatremère, d’après ces deux descriptions, le bûcher g’rec et le bûcher romain se ressemblent de tout point — Les constructions temporaires des bûchers durent devenir les modèles que l’architecture réalisa postérieurement en matières plus durables (1). » Que l’on jette maintenant un reg-ard sur les dessins des plus anciens

Fig'. 80. — Tombeau lycien, pi. 203. façade.

tombeaux lyciens, cités plus haut, notamment celui représenté par la planche 203, et l’on verra qu’ils sont, en g'énéral, élevés sur un plan quadrilatère et en forme d' édifice, qu’on y a établi des planchers de charpente, que cette charpente n’est liée que par des assemblages de bois, enfin que l'espace intérieur, entièrement impropre à une habitation, est très-ing’énieusement disposé, au contraire, pour recevoir les matières combustibles dont on le remplissait . Nous ajouterons que la plate-forme qui couronne le tout est composée de menus rondins non façonnés, espèce

(1) Diction, cèarrhitect., au mot Mausolée.

de branchag'e très-propre à faciliter la combustion du corps placé immédiatement au-dessus. La ressemblance est donc aussi complète que le comporte la comparaison d’une très-g’rande construction à une petite.

De même que les anciens tombeaux ont reproduit en pierre la construction en bois des bûchers, de même les tombeaux ioniques de Telmissus reproduisent le couronnement des vieux sépulcres, avec son caractère primitif, quoique ces énormes denticules, transportés sur des colonnes, deviennent exag'érés et hors de proportion. Fait bien surprenant, nous retrouvons cette corniche dans tous les édifices ioniques du siècle d’Alexandre, et avec la même exag-ération dans la proportion des denticules.

Beulé aussi reconnaît que les monuments de la Lycie sont, en effet, (( le point de départ des denticules; et il est assez remarquable, ajoutet-il, qu’on ait continué d’attacher aux corniches à denticules une idée funéraire, peut-être parce qu’on était accoutumé à les voir partout sur les tombeaux de l’Asie Mineure. Même dans un des temples d’Athènes, dans l’Erecthéion, au-dessus des belles cariatides qui forment la petite tribune annexée au temple, on remarque une corniche à denticules, et c’est une des raisons les plus décisives pour placer dans cette tribune le tombeau de Gécrops et la reg^arder comme un monument funéraire (1).

Revenons à présent aux sépultures qui, selon M. Tessier, <( ont été construites d’après les principes de l’architecture hellénique » .

(t Le principal tombeau de Telmissus, l’une des plus anciennes villes de la Lycie, dit-il, est situé à Fang-le sud-est de la nécropole g’recque (2). Il a la forme d’un temple. Deux colonnes d’ordre ionique, à volutes taillées, et deux antes, décorent le portique. L’entablement, d’une g’rande simplicité, est orné de forts denticules. Aux ang'les et au sommet du fronton s’élèvent des palmettes qui n’ont été qu’ébau-

(1) Hist. de l'art yrec, ]>. 2;i. Les denticules de rÉreclithéioa sont beaucoup mieux proportionnés (jue ceux des temples do l’Asie Mineure.

(2) T. 1, pl. Kdl, 170.

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