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CHAPITRE III

l’ordre ionique, deuxième Époque.

Le temple de la Victoire sans ailes.

Beulé, dans ï Acropole d’Athènes (1), produit les observations suivantes qui disposent à croire que le temple de la Vicloire est antérieur à la construction des Propylées :

« P Le silence de Plutarque, qui énumère et loue si long’uement les travaux de Périclès.

« 2“ I.a situation de la terrasse qui supporte le temple; elle est unie au mur d’enceinte, dont un de ses côtés n’est que le prolong’ement : c’est le mur qui reg*arde le midi et qui fut construit par Cimon.

« 3“ La disposition du petit temple, qui se présente obliquement sur la façade des Propylées. Tout en l’ouvrant vers l’orient, on eût pu le tourner un peu plus vers le nord et le rendre perpendiculaire au g-rand édifice qu’il précédait. Ou l’arcbitecte des Propylées a cbercbé cette irrégularité, ou le monument était plus anciennement construit.

« 4“ L’inég’ale largeur des deux ailes des Propylées, qui semblerait s’accommoder aux exigences de constructions antérieures, c’est-à-dire du temple et de sa plate-forme. ■»

Nous ajouterons une dernière observation, non moins péremptoire que les précédentes : c’est que les colonnes du petit temple sont d’un style plus ancien c{ue les colonnes ioniques des Propylées.

« Du moment qu’on ne peut attribuer un monument à Périclès, on

se reporte naturellement au temps de Cimon. Lui aussi avait la passion des arts; lui aussi embellit Athènes de temples, de portiques, de jardins; seulement, il ne les payait pas avec Targuent des alliés, mais avec les dépouilles des Perses. C’est Cimon qui a donné l’impulsion à ce g’rand siècle que remplit injustement un seul nom. Précisément, il fît construire la muraille qui reg’arde le midi, et l’on sait, par un écrivain latin, qu’il ne fortifia pas seulement cette partie de l’Acropole, mais qu’il l’orna.

« Enfin, l’examen du temple lui-même fournit encore quelques indices. La frise rappelle la frise orientale du temple de Thésée, par son style, par son fort relief et par certaines parties de la composition qui sont presque semblables (1). »

« Vers la fin de 1687, les Vénitiens, maîtres de la Morée, menaçaient Athènes. Les Turcs, résolus à se défendre vig*oureusement, travaillaient à fortifier encore l’Acropole et à construire des batteries. C’est alors, vraisemblablement, qu’ils démolirent le temple de la Victoire, que Spon et Wheler avaient vu entier et qui n’existait plus après la g’uerre. Si, comme on l’a prétendu, le canon des Vénitiens l’eût renversé, les colonnes et les pierres conserveraient la trace des boulets. Les Turcs démolirent ce charmant temple, couvrirent de terre les matériaux et trouvèrent ainsi un bastion naturel sur lequel ils établirent une batterie de six pièces (2). »

De 1834 à 1836, MM. Chaubert et Hansen, en faisant de nouvelles fouilles à l’Acropole d’Athènes, eurent l’heureuse chance de découvrir le temple enseveli par les Turcs et l’honneur de le réédifîer. S’étant adjoint M. Ross, architecte, ils en firent, en 1839, une publication complète sur un g’rand format.

En 1847, le même édifice a été publié dans le Voyage archéologique en Grèce et en Asie Mineure, par Phil. Le Bas; la restauration est de M. Landron.

Bien que le temple de la Victoire soit fort petit, il est pour nous d’une g’rande importance, puisque c’est le plus ancien monument

(1) Beulc, ibid., p. 204.

(2) Beulé, l’Acroii. d’Ath., t. I, pl. 71, 72.

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