CHAPITRE VI
Les monuments viennent donc confirmer les faits liistoriques sur cette importante question ; et nous devons croire que les hommes qui se sont immortalisés par les premières inventions civilisatrices sont véritablement orig-inaires de rEg*ypte, et, qui plus est, de l’Ég-ypte inférieure.
Enfin, la plus importante de ces inventions, l’écriture, qui donna naissance aux premiers éléments des arts du dessin, décèle, par sa nature même, qu’elle fut inventée en Eg'ypte. Nous avons dit que l’écriture hiérog’lyphique se compose, entre autres choses, de l’imag*e de toute sorte d’animaux; eh bien, ces imagées reproduisent seulement les animaux qui peuplent le sol ég*yptien. Si l’écriture eût été formée à Méroé ou dans la vallée supérieure du Nil, la g-irafe, l’éléphant, le léopard, l’antilope, l’autruche, etc., figureraient dans les hiérog-lyphes. Nous devons donc conclure de cette absence d’animaux habitants des bords du haut Nil, que les caractères idéog’raphiques égyptiens ont été inventés dans l’Egypte même, et non en Éthiopie.
De l’ensemble des faits que nous avons exposés jusqu’ici, il ressort, avec la dernière évidence, que, dès les temps les plus reculés, la civilisation, partant du Delta, s’est propagée vers les régions supérieures des bords du Nil; et nous verrons, par la suite, qu’à tous les âges historiques, les arts ont remonté de l’Eg’ypte en Ethiopie.
Aussi voyons-nous les plus anciennes villes dont il soit fait mention dans l’histoire situées dans la Basse-Egypte. Memphis a précédé Thèbes de plus de quatre mille ans, ainsi que nous le prouverons plus tard, et il est fort probable que Méroé, du moins comme ville de quelque importance, est très-postérieure à Thèbes.
11 fauti donc abandonner cette vieille hypothèse, suivant laquelle « les arts, perfectionnés seulement en Ég’ypte, remontèrent le fleuve (puis aoaient jadis descendu dans leur enfance » .