‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 187 sur 296 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

d’un architecte nommé Philoclès et d’un secrétaire. C’est un frag*ment de leur rapport que le doeteur Chandler a trouvé dans l’Aeropole et emporté à Londres.

« Les victoires et le retour d’Aleibiade avaient sans doute rendu aux Athéniens le courag’e et une apparence de prospérité. Car immédiatement l’on se mit à l’œuvre pour terminer l’édifice, et nous avons les livres de eompte rédig'és par les inspecteurs des travaux pendant la deuxième année de la xciifi olympiade (107). Ce ne sont aussi que des frag*ments trouvés, en 1836, dans la Pinaeothèque. L’architeete, charg*é de cette entreprise, s’appelait Archiloque.

(( L’année suivante, en 406, sous l’archontat de Callias, les ouvriers étaient encore à l’ouvrag'e et les échafaudag’es à leur plaee, lorsque le feu prit au temple. La conformité parfaite des mesures et des détails donnés par les inscriptions de 409 et de 407 avec les mesures et les détails du temple que nous eon naissons, prouve que le monument avait peu souffert.

« A quelle époque les réparations furent-elles faites? Beaucoup plus tard, à ce qu’il paraît; car certains morceaux sont d’une exécution très-inférieure. L’autorité d’un architecte aura beaucoup plus de poids. Je eile textuellement l’opinion de M. Télaz :

« L’exécution de ces derniers travaux a sans doute été ajournée (( assez long-temps, en tout ou en partie; car deux parties de l’édi- « fice dénotent par la g-rossièreté de l’exécution, comparée à la per- (I fection de tout le reste, une déeadence artistique qui en porte « l’achèvement à une époque postérieure. L’une est l’ornementation « de la porte septentrionale; l’autre, toute la décoration du mur « occidental. Les chapiteaux surtout indiquent, par leur exécution « abâtardie, une époque de décadence (1). »

(( 11 n’y a que de nouvelles fouilles à l’Acropole et la découverte de nouvelles inseriptions qui puissent jamais éclaircir ce problème historique (2). »

(1) Revue archéoloijique, p. 8 i-, et Mémoire sur la Restauration de l’Èrechthéion, par Tétaz, 1838, Libliotli. de l'École des Beaux-Ai’ts.

(2) Beulé, l'Acrop. d'Athènes, t. II, p. 290 à 294.

3 il.

Stuart a eu l’avantag*e de dessiner l’Éreelithéion dans un temps où

Fig. 8.5. — Plan de l'Érechtliéion, restauré par Tétaz.

il était mieux conservé qu’aujourd’hui, surtout dans sa façade septentrionale ([ui a Ijeaucoup souffert pendant la g-uerre de l’Indépen-

Fig. 86. — Coupe de l'Érechthéion, restauré par Tétaz.

dance. Mais, n’ayant point fait de fouilles, il n’a pu interpréter le auteurs anciens aussi judicieusement qu’on l’a fait depuis, et ses indications sont très-erronées. Notre savant archéolog’ue Beulé ayant, d’après les plans de Tétaz, exactement interprété ces mêmes auteurs et traité mag'istralement cette intéressante question, nous lui empruntons les faits principaux.

a L’Érechthéion, dit Pausanias (1), est un édifice double. Le temple de Pandrose est conlig’u à celui de Minerve.

« C’est un fait dont il faut se convaincre tout d’abord. Érechthée avait donné son nom à l’ensemble du monument, soit parce qu’il avait élevé le premier autel et le premier temple, soit parce qu’il y avait eu sa demeure ou son tombeau. Mais des deux temples contig“us aucun n’était consacré à Érechthée. 11 avait seulement un autel commun avec Neptune (2). Hérodote (3), parlant de l’Érechthéion en g'énéral, dit qu’il renfermait l’olivier et le flot que Minerve et Neptune avaient fait paraître lorsqu’ils se disputaient la possession de l’Attique. Nous apprendrons tout à l’heure, par des textes plus précis, que l’olivier était dans le temple de Pandrose. Érechthée n’avait qu’un autel; Minerve et Pandrose avaient chacune un temple.

(( Voici donc justifiée par un témoig'nag'e positif cette g’rande division de l’Érechthéion en deux sanctuaires, qui résulte si clairement de l’examen des ruines : l’un à l’orient, exhaussé d’environ huit pieds sur des substructions et précédé d’un portique de six colonnes ; l’autre à l’occident, précédé d’un g*rand vestibule qu’éclairaient trois fenêtres, avec le portique du nord pour entrée et la tribune des jeunes filles pour annexe. Lequel des deux était le temple de Minerve ? lequel celui de Pandrose?

« Déjà l’importance du sanctuaire supérieur, son orientation, sa façade si exactement semblable à celle de tous les temples, avec le portique, les antes, le fronton et l’entrée directe qui laissait voir à la foule la déesse au fond de sa demeure, déjà tous ces indices font pré-

(1) Paus., Att., XXVI, xxvii.

(2) Paus., Att., XXVI.

(3) Ilérod., VIII, ch. lv.

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