LIVRE VII
CIIAPIÏIIE VI.
car le phare d’Alexandrie et le colosse de Rhodes lui sont postérieurs.
« Des déprédations successives qu’a subies ce célèbre monument, la plus funeste fut celle de Néron. Sous le règme des deux Gallien, au milieu du troisième siècle de notre ère, les Goths envahirent l’Asie Mineure, pillèrent le temple d’Éplièse et y mirent le feu; l’herbe recouvrit bientôt les débris et les cendres : ainsi fut posé un problème que l’arcbéolog’ie ne pouria résoudre qu’en fouillant les ruines entassées par les Goths (1). »
Get intéressant problème peut être enfin résolu.
« Dans ces derniers temps, M. Wood, explorateur ang'lais, a entrepris des fouilles à Epbèse et les a conduites avec une g’rande persévérance. Il a découvert l’emplacement du temple de Diane dans la plaine marécag’euse qu’ont si bien décrite les auteurs anciens. Il a découvert la partie inférieure d’une des colonnes et cette partie est seulptée ; des fig’ures en relief s’y détachent. M. Wood expédiera en Ang'leterre ce mémorable morceau de columna cælata, où l’on reconnaît Mercure, une Victoire et diverses divinités de g’randeur naturelle et d’un très beau style (2). »
M. Wood a, en effet, transporté à Londres tous les fragmients qu’il a trouvés dans ses fouilles, et il vient, en janvier de la présente année 1877, de publier ses découvertes avec une restauration du temple de Diane (3).
Les fouilles ont fait connaître un g-rand nombre de tambours de colonnes cannelées, dont deux sur leurs bases ioniques, ainsi qu’un des antes du côté de la façade. Ces colonnes ont juste six pieds g’recs de diamètre. On a aussi retrouvé encore debout deux pans de mur de la cella, l’un long'itudinal, à droite, l’autre transversal, à g’aucbe de la porte d’entrée de cette même cella dont on a pu mesurer la larg’eur.
Parmi les fragmients transportés à Londres, on remarque surtout la colonne sculptée, sigmalée d’avance par Beulé, une des bases avec
(1) Beulé, Journal des savants, juin 1863.
(2) Id., Fouilles et découvertes, t. 11, 1873, p. 3o4, 355.
(3) Discoveries at Ephesus, liy J. -T. \Vood, London, 1877.
une partie de son fCit cannelé au dessus, un chapiteau mutilé, plusieurs frag’ments de frise ornés de fig*ures sculptées dont un contient la petite cymaise complémentaire ; enfin, un très-petit fragment de la g’rande cymaise formant chéneau.
Ce qu’on a découvert de plus sing’ulier, peut-être, ce sont les vesti-
Fig-, 89. — Jlédaille tlo Gordiamis.
g'es d’un haut perron régnant tout à l’entour du temple avec un large palier au-devant des colonnes. Cette disposition exti’aordinaire, se retrouvant ég’alement au temple de Diane à Magaiésie, était évidemment exig’ée par le culte tout particulier de la Diane d’Ephèse.
M. Wood croit que les deux g’randes dimensions données par Pline ont été prises sur le premier gi’adin de ce perron, mais il n’a pas retrouvé ces dimensions. Selon lui, le tem|)le avait plus de 220 pieds de larg’eur et moins de i2.o de longueur.
Les archéologues et quelques architectes ont fait jadis des restaurations du temple d’Éphèse. Le nombre des colonnes a surtout été