‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 199 sur 296 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

« s’eslevoyent en forme de perron emmy d’un champ près du « port. La pierre s’estant rencontrée bonne, fut cause que ce peu « de maçonnerie , qui paroissoit sus la terre, ayant esté démoli, « ils firent fouiller plus bas, en espérance d’en treuuer d’auan- « tag*e. Ils recog'nurent en peu d’heures que de tant plus qu’on a creusoit profond, d’autant plus s^eslarg*issoit par le bas la fabri- « que, qui leur fournit par après des pierres, non-seulement à « faire de la chaux, mais aussi pour bastir.

« Au bout de quatre ou cinq jours, après avoir faict une g’rande « découuerte, ils virent une ouuerture comme pour entrer dans « une cave. Ils prirent de la chandelle et dévalèrent dedans, où « ils troLiuèrent une belle g’rande salle carrée embellie tout au- <( tour de colonnes de marbre, avec leurs bases, chapiteaux, arec ebitraves, frises et comices g'rauées et taillées en demi-bosse; (( l’entredeux des colonnes estoit revestu de lastres, listeaux ou « plattes bandes de marbre de diverses couleurs ornées de mou- « lures et sculptures conformes au reste de l’œuvre et rapportées « proprement sur le fonds blanc de la muraille, où ne se voyoit (( qu’bistoires taillées et toutes batailles à demy-relief. Ce qu’ayans a admiré de prime face, et après avoir estimé en leur fantaisie (' la sing’ularité de l’ouurag’e, en fin ils défirent, brisirent et rom- (( pirent pour s’en servir comme ils avoient faict du demeu- (I rant (1). w

Beulé fait observer ici que « les chevaliers de Rhodes, en démolissant le tombeau vers le niveau du premier étagœ, enterré sous les terres et les décombres, trouvèrent l’entrée de la salle (pii avait servi aux festins, aux libations funèbres, aux cérémonies solennelles qui avaient précédé l’ensevelissement et qui devaient se renouveler aux anniversaires à certaines époques. Les tombeaux des g’randes familles romaines offrent le même détail d’architecture. La décoration de cette salle répondait à la magmificence extérieure du Mausolée. »

(1) Relation de Guichard, citée par Reulé, Fouilles et découv., t. II, p. 273, 274.

« M. Newton, vice-consul à Mitylène, visita les ruines d’Halicarnasse en 1855, et, pendant un voyag-e en Ang'leterre en 1856, il obtint les subsides et, les moyens nécessaires pour entreprendre des fouilles. Les premiers coups de pioche furent donnés dans un champ situé à l’ouest du Mausolée. Des frag’ments de marbre et des moulures très-remarquables par la pureté parurent aussitôt, et le lendemain se montrèrent des débris de frise, semblables aux bas-reliefs qu’on avait précédemment enlevés du château pour les envoyer en Ang’leterre. Un autre sondag’e, entrepris à l’ouest de la plate-forme, fît découvrir des tambours de colonne en marbre qui avaient plus d’un mètre de diamètre et des membres de lions de proportion colossale. Des caissons d’un plafond de portique avaient g’ardé, malg’ré les sels corrosifs que contient le sol, leur couleur bleue. La quantité de ces frag’ments, leur caractère si bien adapté à un seul monument et au monument décrit par les auteurs anciens, chang’eaient cette vraisemblance en certitude, et les explorations purent être continuées dès lors sur une g’rande échelle.

(( 11 est bien évident que les colonnes ioniques, la frise représentant le combat des Grecs contre les Amazones, les caissons coloriés appartiennent à Lextérieur du monument. C^est le portique qui entourait la salle funèbre et le tombeau proprement dit. Ce portique était surmonté d’une frise : rien n’est plus conforme aux descriptions de l’antiquité. Un mag-nilîque morceau de sculpture, représentant un g’uerrier persan à cheval, parut marquer l’ang'le du monument; comme ce morceau était de proportion colossale et comme le cheval se caljrait, on a pu supposer qu’aux quatre ang’les du Mausolée il y avait une décoration semblable.

« Sur le côté oriental de l’édifice, on découvrit une statue colossale, drapée, assise, en très-mauvais état, de nouvelles parties de la frise des Amazones (c’était précisément le côté sculpté par Scopas ) ; au sud du g'rand rectaug-le, peu de sculptures reparurent, excepté les restes d’un char en bas-relief; au nord plusieurs arrière-trains de lions; la partie antérieure avait été enlevée pour fig-Lirer dans les murs du château.

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