‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 200 sur 296 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

« Quant aux autres sculptures, parmi lesquelles se trouvait la statue de Mausole, rompue en soixante -trois morceaux, elles étaient entassées, comme il arrive à la suite d’une ruine ag’g'ravée par des dévastations postérieures. Un tremblement de terre ( que l’on peut supposer être arrivé entre le xii° siècle, époque à laquelle Eustathe écrivait que le Mausolée était et est une merveille^ et le xiv“ siècle, époque de l’arrivée des chevaliers de Saint-Jean, qui trouvèrent le tombeau en partie renversé) a dû détruire la partie supérieure et compromettre l’étag’e des colonnes. Quant au quadrig'e qui couronnait la pyramide, il a été précipité avec la pyramide elle-même. Cependant M. Newton a été assez heureux pour trouver des morceaux de ce quadrig-e, de même qu’il a reconnu des g’radins, au nord du mur du péribole, qui lui expliquaient comment la pyramide avait été constituée plus long'ue que larg-e : ce n’était pas un des éléments les moins curieux de la restauration.

« Examinons maintenant les sculplures purement décoratives. Les lions, tirés des cours du château ou retrouvés en certain nombre sous les ruines du Mausolée, étaient un élément considérable de cette décoration. Us complétaient l’ensemble de rarchitecture et contribuaient à la g'randeur de l’impression. Debout comme des sentinelles, trop élevés pour qu’on disting’uât les détails, ils étaient conçus pour la distance et pour l’effet. L’Ang-leterre possède les frag’ments de ving’t lions environ.

« On doit considérer aussi comme une partie essentielle de la décoration les frises qui couraient sur les quatre côtés de l’édifice, soit sur l’entahlement du portique, soit sur le soubassement. M. Newton a reconnu trois frises distinctes, et des bas-reliefs formant panneau. La frise la plus importante est celle qui couronnait le périptère. Le Britisb Muséum en possède seize morceaux.

« Les fouilles de M. Newton ont constaté l’existence d’un certain nombre de statues, et en laissent supposer un plus grand nombre. 11 y avait des groupes aux angles du soubassement, dit M. Newton, et des sculptures dans l'intérieur du Mausolée.

« La statue de femme qui a été trouvée avec celle de Mausole est plus belle encore ; elle est ég*alement colossale, sa hauteur est d’environ trois mètres. M. Newton croit que cette statue était sur le €[uad ri g‘e auprès de Mausole (t). »

Devant faire nous- même une nouvelle restauration du Mausolée, nous croyons convenable de laisser la parole à Beulé pour critiquer la composition faite par M. Pullan, architecte, sous la direction de M. Newton :

V 11 est juste de dire, continue Beulé, que l’arlistequi s’est charg’é de reconstruire par le dessin l’ensemble du monument avait une tâche difficile. D’abord, le plan n’est pas exactement reconnu. M. Newton n’a pu dég'ag’er complètement les ruines. Il travaillait sur des terrains morcelés entre plusieurs propriétaires et bâtis ; plusieurs maisons ont été acquises, toutes n’ont pu l’être, de sorte que le sol n’a pas été exploré d’une manière complète, le plan n’a pu être restitué avec une clarté satisfaisante. Un archéolog’ue qui n’aurait pas cherché avant tout des sculptures et des objets propres â enrichir le Musée Britannique, aurait subordonné ses investig'ations â une exactitude plus rig’oureuse ou appliqué les dépenses d’expropriation aux points qui intéressaient surtout l’architecture.

w M. Pullan s’est inspiré principalement du texte de Pline et des descriptions laissées par les anciens, ce C{ui est naturel, nécessaire même, dans un travail de ce g’enre, mais ce qui prouve que les éléments nouveaux fournis par les fouilles ne lui ont paru ni très-nombreux, ni très-concluants.

« Le plan restauré, tel qu’il est gTavé aux planches XVI et XVII, est très-simple (2). Le soubassement est un massif percé par un escalier et un corridor ; le corridor même a une chambre sépulcrale, l’escalier conduit au premier étag’e où l’on voit une construction rectang’ulaire, plus long*ue que larg’e, à l’intérieur de laquelle est la salle funéraire de forme ronde; à l’extérieur règ’ne un péristyle qui a neuf

(1) Beulé, Fouilles et clccoiiv., t. Il, p. 274 à 279 et 301 à 319.

(2) Voyez Newton, A histo^oj of cUscoveries ut Halicarn. Un atlas in-folio et 2 vol. in-8“, Londres.

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